Retour sur ce charmant « petit » festival à taille humaine et avec de très bonnes conditions de jeux ! Beaucoup de tables, plusieurs éditeurs envoient leurs équipes d’animateurs avec des jeux récents et des boîtes mises à disposition par l’association qui organise. Bref, y’a de quoi faire, et en plus, c’est gratuit.
J’y suis allé le dimanche jusque la fermeture et j’ai pu jouer à pas mal de jeux plus ou moins intéressants. J’y allais avec une liste de 3 jeux auxquels je voulais jouer. Le soir, en rentrant, la liste était malheureusement identique… En même temps, il s’agit de 3 jeux plutôt demandés, donc les tables n’ont pas désempli pour Endeavor en eaux profondes, Wondrous Creatures et For a Crown. J’y jouerai donc une autre fois.
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La Communauté de l’anneau le jeu de plis coopératif
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À la mode de The Crew, on vous propose de progresser au travers de différents chapitres. Tel personnage doit gagner 2 plis contenant une carte anneau, tel autre remporter au maximum 2 plis, tel autre le plus de plis. Voici des exemples de contraintes à respecter lors des premiers chapitres. Les personnages iconiques de la saga Tolkien apparaissent au fur et à mesure des chapitres. Je n’ai pas été emballé par The Crew, je ne le suis pas non plus par ce jeu. Le coopératif, c’est pas ce que je préfère comme méca, je suis un fan du Seigneur des Anneaux mais ça n’a pas suffi à me transporter. Romain en a déjà parlé dans le podcast du Labo si vous souhaitez l’avis de notre spécialiste jeux de plis en version audio.
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Link City
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Jeu d’ambiance avec une thématique de construction de ville avec des tuiles. Un joueur incarne le maire, pioche 3 tuiles avec des noms de bâtiments (Hôtel de Jour, Usine de Robots, Manège …) et doit faire deviner aux autres joueurs à quel emplacement de la ville il souhaite les construire. Par association d’idées, ou liens + ou – évidents, les joueurs vont dire que tel bâtiment aurait bien sa place à côté de l’agence de mannequins et l’étang des sirènes. Si les déductions sont bonnes, le bâtiment est placé à l’endroit indiqué et rapportera des points à la fin, sinon il est posé à la diagonale d’un bâtiment déjà placé et crée des espaces vides, et ne rapporte aucun point.
Il vous fait le public autour de la table pour s’amuser, faire des déductions loufoques ou au contraire très sérieuses, et rire ensemble des échecs, à base de « Mais à quel moment on aurait pu deviner que tu plaçais ce bâtiment à côté du cimetière et de l’université ?? ».
Dans le style association d’idées, je préfère largement Fiesta de Los Muertos avec son côté téléphone arabe, un jeu qui vient de ressortir dans un nouveau format en boutique d’ailleurs.
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Pirates de Maracaibo
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Le retour du Maracaibo de Pfister en version plus contenue et dynamique. Agréable surprise que ce jeu, les tours sont plus contenus et rapides, ce qui n’est pas pour déplaire. Toujours ce plateau représentant son bateau qu’il faudra améliorer, la carte immense du plateau central est remplacée par des cartes représentant les îles sur lesquelles déplacer votre bateau pour faire l’action indiquée, et éventuellement les acquérir contre des doublons sonnants et trébuchants. L’île achetée est remplacée par une nouvelle carte piochée, du coup le trajet se modifie au fur et à mesure de vos 3 passages dessus, à vous de choisir quel itinéraire emprunter. À confirmer avec d’autres parties, mais enlever la zone qui permet de gérer l’influence des 3 puissances principales dans Maracaibo n’est pas une mauvaise idée. Simplifier le jeu non plus, on reste sur du classique avec des objectifs à remplir pour scorer en fin de partie, des emplacements à déverrouiller sur son plateau personnel pour renforcer ses actions, des actions à déclencher un peu partout, et des adversaires à surveiller car un bateau arrivé au bout déclenche la fin du tour à un moment.
L’extension était présente en anglais, mais je n’ai joué qu’au jeu de base. De ce que j’ai lu, il y a des capitaines ajoutés pour ajouter de l’asymétrie, ainsi qu’un mode solo.
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Ratjack
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Du blackjack avec des rats, et des effets chaotiques qui anéantissent la visibilité et le contrôle du jeu. Un type de jeu régulièrement croisé chez Studio H. Les cartes devant vous seront sans arrêt volées par les adversaires, vous ferez pareil à votre tour, et si les étoiles s’alignent, vous l’emportez, ou faites « sauter un adversaire » en lui faisant dépasser le score de 21. Nous n’avons pas terminé la partie. Typiquement les jeux hasardeux au possible, où on gagne ou perd sans comprendre vraiment pourquoi.
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Taïki
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Le jeu de pli pour toute la famille, comme le clame l’affiche sur le stand de l’éditeur. C’est léger, voire beaucoup trop léger pour des joueurs comme nous habitués aux jeux de plis. Nous n’avons pas non plus fini la partie. Je ne pense même pas le proposer à mon fils et à ma femme, ça manque d’élément enthousiasmant, ça ronronne sans véritable twist ou montée en puissance.
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Tranquilité Ascension
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Comme un jeu de réussite à plusieurs, ça n’a pas enthousiasmé non plus (décidément). Contraintes de placement des tuiles (valeur, cartes à défausser), faire attention à ne pas « cramer » les fortes cartes qui nous manqueront en haut de la montagne si on les utilise trop, et si on y arrive (en haut). Jeu frustrant et casse-tête par excellence, à la manière d’une réussite, vous échouerez et aurez peut-être envie d’y retourner pour vous améliorer. Jusqu’à y arriver, et potentiellement moins avoir l’envie d’y retourner.
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SETI
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Trois des joueurs du groupe n’y avaient pas encore joué, ce fut l’occasion puisque les tables des jeux qui nous intéressaient étaient prises. On a finalement fait une partie complète, et cela confirme qu’un festival n’est véritablement pas le lieu pour découvrir un jeu de ce calibre ^^ Je me rappelle d’une partie de Carnegie sur ce même festival il y a 2 ans, même sentiment au final « Ouah j’ai mal au crâne, je pense que j’ai loupé des trucs mais j’ai quand même envie d’y rejouer dans un endroit plus calme ». Là avec SETI je pense qu’au moins 2 joueurs du groupe ont encore mal au crâne à l’heure à laquelle je publie ce compte-rendu, et qu’ils n’y rejoueront certainement pas.
Moi, j’apprécie toujours ce jeu qui n’est tout de même pas à mettre entre toutes les mains, ou alors assurez d’avoir quelqu’un qui maitrise pour vous l’expliquer si possible. Je me souviens d’avoir eu le pitch du jeu au festival de Vichy l’an dernier, je m’étais dit « ouais bof, des mécaniques classiques, le twist de la révélation des races aliens en cours de partie, mokay ». En y jouant l’imbrication des actions, le côté « sec » du jeu qui ne te fait pas de cadeau et la gestion des ressources au poil près aboutissent à un jeu qui sans renouveler le genre propose un challenge à la hauteur, et une nécessité d’optimisation constante.
Je me rappelle, c’était un 25 février, je ressortais de l’édition 2024 du Festival du Jeu de Cannes et entre deux trombes d’eau, je me demandais si ça valait vraiment le coup d’y retourner une année supplémentaire. Enormément de monde, des jeux pas hyper inspirés, zéro coup de cœur, je n’en avais pas gardé un grand souvenir. Et bah j’ai bien fait d’y retourner malgré tout.
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Cette année a été un excellent cru. Certes, toujours pas de coup de cœur comme Heredity avait pu en être un en 2023, mais il y en a peu – sinon ça ne serait pas des coups de cœur, me diriez-vous. A la place tout un paquet de chouettes découvertes, et un stand chouchou sur lequel je suis passé dès que l’occasion se présentait, parce que les tables étaient limitées et les jeux carrément sympas. Oui, Fentasy Games, je reviendrai te voir à Essen. En attendant, petit récapitulatif des titres essayés !
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Et toujours notre boutique partenaire pour y retrouver les jeux déjà dispo, et bien d’autres :
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Chez Fentasy Games donc, commençons par Bricolage Heads. Un jeu à 2, la grande mode cette année, dans un Japon à l’esthétique joliment foutraque, où chacun tente de construire des robots géants, non pas pour les envoyer se friter avec des Godzillas, mais pour attirer le chaland et réaliser des expos qui rapporteront argent, gloire et beauté. Jeu expert et tendu, ce n’est pas courant dans cette configuration, avec plein de casse-tête pour réaliser les actions dans le bon ordre, avec la limite imposée par notre main, qui décide des lieux de la ville dans lesquels nous pouvons agir. Le jeu devrait sortir pour Essen 2025 si tout se passe bien, avec une patte un peu plus Ghibli au dessin. J’ai hâte.
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Lynx : toujours chez Fentasy Games, un jeu au pitch un peu plus clivant, puisqu’il s’agit de génocider des lynx et des lièvres pour s’en faire des fourrures. Après on se dit qu’on est censé incarner un trappeur canadien du 18e siècle, et l’écologie à ce moment-là… Bref, il s’agit d’un jeu de programmation carrément tendu puisqu’on a que 14 cartes en main, pour 14 tours de jeu, et que ces cartes vont servir à nourrir l’action programmée à chaque tour, qu’il s’agisse de préparer la saison, de piéger des lapins, des lynx, ou de vendre leur fourrure. Il faut aussi jongler avec les intentions des autres joueurs et le cours du lapin et du gros chat, puisqu’il est plus couteux de piéger un lièvre quand il n’y en a plus que 2 qui gambadent, plutôt que lorsqu’ils sont quinze. Un ensemble de mécaniques carrément malignes pour un jeu qui devrait sortir d’ici deux mois.
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Stonespine Architects : on bifurque chez Intrafin le temps d’un Stonespine Architects, dans l’univers de Roll Player et Cartographers. Il s’agit cette fois de construire son donjon en essayant de maximiser le nombre de critères validés, comme d’habitude avec la gamme. La mécanique de base consiste à drafter les cartes qui vont constituer les pièces du premier étage, puis du deuxième, et ainsi de suite, afin de coller le plus aux possibles à nos différents objectifs, mais aussi de récolter des sous qui permettront d’agrémenter notre installation, en rajoutant tunnels, coffres et autres pièges. Ça marche impeccablement, y a une certaine rejouabilité grâce au grand nombre d’objectifs, le fait de produire des sous à chaque tour rend le jeu un peu plus gamer, zéro fausse note.
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Stephens : on retourne chez Fentasy Games pour un jeu expert encore une fois, dans le Lisbonne post-tremblement de terre de 1755. La mécanique est hyper simple, je prends un cube du plateau principal, ou je pose un disque de mon plateau personnel, mais ça couine sévère parce que les ressources sont rares et qu’on n’a jamais le temps de faire ce que l’on veut avant qu’un empaffé déclenche la fin de manche et le scoring qui va avec. Il nous a manqué un point de règle qui à mon avis changeait pas mal la dynamique du jeu et notamment les axes de développement choisis, mais ça ne m’a donné qu’une seule envie, celle d’y rejouer.
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Sankoré : l’occasion s’est présentée de tester ce nominé à l’As d’Or par SuperMeeple sur le stand… As d’Or, le monde est bien fait. Ok, on avait que 120 minutes devant nous, et l’explication (parfaite et ce n’est pas un mince exploit) en dure déjà facile 30, mais ça permet déjà de se rendre compte à quel point on est loin du Lopiano de Calimala et Ragusa. C’est touffu, c’est hyper imbriqué, y a pas mal de micro-règles et micro-événements à anticiper pour former les meilleurs élèves de l’université, mais on sent le gros potentiel qui attend tout en haut de la courbe d’apprentissage bien pentue. Il parait qu’il faut jouer sans les objectifs, ça tombe bien c’est ce qu’on a fait, je pense que mes neurones auraient déserté sinon.
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Gatsby : jeu encore à l’état de proto chez Catch Up Games, mais pour être honnête, il ne reste plus que quelques dorures à terminer tant le gameplay est déjà solide. Jeu à 2 (tiens tiens) dans lequel on se tire la bourre à base de majorité sur 3 gameplays différents pour obtenir les faveurs du magnifique Gatsby. Pas mal de coups fourrés en perspective, et les bonus qu’on peut obtenir sous souvent là pour pourrir la vie de l’autre. Assez réjouissant.
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Tir Na Nog : chez Lucky Duck Games, avec une mécanique rigolote qui nous fait poser nos bardes dans l’ordre du tour sur un tableau de cartes pour tenter de récupérer l’une des deux cartes qu’ils touchent, puis récupérer lesdites cartes mais cette fois-ci dans l’ordre inverse, avec donc de grandes chances que les cartes ciblées ne soient plus là quand vient notre tour. Avec tout ça, on constitue chacun de son côté trois rangées de cinq cartes, chaque rangée faisant scorer différemment, d’où jonglages, grimaces et grosses gouttes sur le front.
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Bravest : jeu très joliment illustré chez Laboludicoù l’on doit récupérer des tuiles dans une rivière pour créer un chemin pour nos deux héros, qui commencent à deux points différents de notre tableau de 4*4, et qui scorent différemment sur les différents objets rencontrés pendant leur périple. On doit constituer non pas un mais deux chemins les plus optimisés possible, avec ce que le hasard nous aura mis à disposition. C’est chill, ça me fait penser à Loco Momo dans le feeling, mais en plus sympa et sûrement plus rejouable.
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Tranquillité l’Ascension : la suite de Tranquillité, chez Lucky Duck Games, où cette fois-ci on doit constituer une pyramide en posant à tour de rôle des cartes numérotées en veillant à coller le plus possible à la carte précédente, puisqu’il faut payer l’écart avec les cartes de sa main, et que si notre pioche s’épuise, la partie est perdu. Jeu coopératif muet et plutôt chill, avec un challenge qui a paru peut-être un peu plus simple que son prédécesseur, puisque paradoxalement, les contraintes de placement guident un peu plus les joueurs.
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Magic Maze Tower : encore un jeu coopératif muet, chez Sit Down, un stand alone qui reprend le principe de Magic Maze, que tout le monde connait. Mais cette fois-ci on a enlevé le sablier, et on l’a échangé pour des puzzles carrément retors. On a donc tout notre temps, et il faut bien ça pour résoudre la quatre-vingtaine de casse-tête que contient la boite. A noter, le jeu contient également le matériel pour ajouter la petite sœur au Magic Maze de base, un nouveau personnage qui ne peut se déplacer que par téléportation, et à condition d’atterrir à côté de quelqu’un.
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Octocube : autre jeu chez Sit Down, qui fait décidément dans le gameplay rafraichissant, avec de la collection de tuiles (par types et par couleurs), le twist étant qu’on récupère nos étoiles de mer et autres sextans en baladant un cube poulpe, aimanté, qui va attraper la tuile sur laquelle il « roule ». Ça marche impec, la mécanique est rigolote, j’aime bien.
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La Traque : chez Don’t Panic Games, jeu de pose d’ouvriers avec factions asymétriques dans lequel on traque du nazi suite à la défaite de l’Axe. Derrière le thème assez équipe, on va surtout récolter des ressources en vue de la prochaine manche, qu’on ira dépenser ailleurs pour gagner les nazis qui nous permettront de valider nos objectifs personnels. Ces objectifs permettront de scorer mais aussi d’enclencher la montée en puissance de notre faction (plus d’ouvriers, plus d’action par tour, etc.) et c’est là qu’on retrouve l’asymétrie annoncée. L’enrobage est réjouissant, à voir cependant si le soufflé ne retombe pas sur la longueur d’une partie.
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Flatiron : jeu à 2 (décidément !) de Ludonova dans lequel on va construire ensemble le Flatiron, pilier après pilier, étage après étage. Dans les faits on balade notre architecte qui va récupérer des cartes qu’on ajoutera à l’une des 4 colonnes de notre plateau perso, ou bien activer l’une de ces colonnes afin de gagner des sous, de les dépenser pour acheter des piliers, de poser ces piliers ou encore de passer à l’étage suivant, dans l’optique de scorer, évidemment.
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Jungo : jeu de cartes et plus précisément de défausse chez Cocktail Games, dans lequel on ne peut pas trier les cartes reçues, comme un certain Scout, mais aussi Dealt!, Velonimo, etc. Le twist du moment apparemment. On pose nos cartes à condition qu’elles soient identiques (et côte à côte dans notre main) afin de surenchérir sur la main en cours, main qu’on récupère pour booster une future combinaison, ou qu’on défausse à tout jamais. Rien de plus. N’empêche que ça marche bien, c’est chill, il n’y a pas de comptage de points, c’est beaucoup moins tendu qu’un Scout, et c’est du coup moins frustrant dans une configuration 3 joueurs que le jeu de chez Oink Games.
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Shifters : le futur Kickstarter de La Boite de Jeu étant en démonstration à Cannes, avec la possibilité d’explorer deux mondes, en mode rogue lite : on fait progresser notre deck tout au long d’un chemin parsemé de monstres et d’upgrades, et on l’utilise pour affronter les dits monstres avec une mécanique de translation (le fameux « shift » du jeu), les cartes que l’on pose sur notre frise perso se translatant à chaque tour vers la droite et activant les icones associées à l’emplacement sur lequel elles arrivent, icones nous permettant d’infliger des dégâts, de se protéger ou de se soigner. Ça marche très bien, ce n’est pas facile, mais c’est un peu trop mécanique à mon goût. Il se peut néanmoins que les autres mondes permettent de renouveler l’intérêt.
Danger : La Boite de Jeu toujours, pour un petit jeu de plis assez retors, voire méchant. Le concept est tout sauf idiot, le joueur qui a fait le pli récupère les cartes et les classes en colonne par dizaine. A la fin de la partie, chaque colonne (les dizaines, les vingtaines, les trentaines, etc.) lui rapportera autant de points que l’unité de la carte la plus faible et qui ne fait pas partie d’une suite. On voit alors tout le potentiel en coups de poignard dans le dos, le joueur avec la plus haute carte se faisant refiler par les autres joueurs des 30, des 20, ou des cartes qui activeront une suite chez lui et feront disparaitre tous ses points. Là plus qu’ailleurs, le fun dépendra de la tablée et de la façon d’aborder le jeu.
Daybreak : autre nominé à l’As d’Or dans la catégorie expert, ce coopératif chez CMYK demande à chacun de réduire sa production de CO2, afin d’atteindre le point de bascule et de capter plus de dioxyde de carbone que le monde en produit. Dans les faits on utilise les cartes de sa main pour créer de nouvelles actions, les booster et bien évidemment les utiliser afin de satisfaire la demande toujours croissante en énergie mais aussi lutter contre le réchauffement climatique. Le thème est évidemment ultra porteur et l’enrobage tout à fait joli, mais le gameplay m’a laissé un peu froid. A voir en corsant d’avantage la situation.
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Pyramido – Trésors Oubliés : nouvelle version d’un jeu de 2023 par Synapses Games, dans lequel on constitue sa pyramide à l’aide de dominos et de gemmes, étage après étage. L’astuce étant que comme toute bonne pyramide, les étages se rétrécissent, et donc les tuiles d’un étage peuvent participer, si elles sont en périphéries, au scoring de l’étage au-dessus, à base de gemmes inscrites sur les tuiles et de gemmes récupérées lors de la construction. Un brin aride.
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Color Words : autre proto Blackrock chez Bankiiz Editions, où pendant 6 manches, les joueurs doivent remplir leur grille multicolore à l’aide d’un mot qui scorera un max par rapport aux contraintes de la manche en cours, du style « un D sur une case bleu rapporte 2 points » ou bien « le mot doit commencer par un V ». Evidemment un sablier vient épicer le tout pour un petit jeu de mots pas bien ambitieux, mais sympathique.
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Crystalla : jeu chez Schmidt Spiele où on assemble un tableau de 4 par 3 constitué des cristaux qu’on aura récupéré d’une matrice commune dans laquelle on se balade via un système d’awalé (mais si vous savez, quand on égrène ses petits cubes, comme dans Five Tribes). Evidemment chaque couleur de cristal score différemment donc il faudra jongler avec tout ça, et des « sur-tuiles » permettent d’avoir un peu plus de flexibilité, si on arrive à les récupérer bien entendu.
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Avant Après : proto de jeu coopératif à deux (ou deux équipes) par Oldchap Games dans lequel chaque côté reçoit l’illustration d’une scène, l’une se déroulant avant et l’autre après un certain événement. Aux deux équipes de communiquer suffisamment pour répondre aux différentes questions posées par un petit livret (quel coureur a gagné, quel est son nom, qu’est-il arrivé à son concurrent, etc.). La démo n’était pas bien compliquée, à voir si la difficulté du jeu final rend les choses plus intéressantes.
Flip 7 : jeu de cartes en stop ou encore par Catch Up Games, le petit jeu familial par excellence. Chacun son tour, on indique au dealer si on veut une nouvelle carte à ajouter à notre collection ou si on arrête là pour cette manche. Stop ou encore oblige, si on a devant soi deux cartes identiques, on est éliminé avec un score nul. Sinon, on score la somme des cartes. On rajoute quelques rares cartes bonus, et c’est tout.
Double Seven : dans la même gamme que Lucky Numbers, nouveau jeu chez Tiki Editions qui invite à constituer des collections d’animaux en piochant une tuile comme au Mah Jong ou en échangeant l’une de ses collections contre celle d’un autre, afin de continuer à l’agrandir, puisqu’on score par nombre de tuiles qui terminent devant soi à la fin de la partie. Je n’ai pas été transcendé.
Happy DayZ : je suis complètement passé à côté de ce jeu Origames, dans le même univers que Eat Z’em All, à savoir les Zombies. Jeu de pli dans lequel le joueur qui ouvre décide si c’est la plus grande ou la plus petite carte qui remportera le pli. On essaie d’éviter les zombies qui vont diminuer notre compteur population, tout en récupérant les autres cartes qui permettront de le refaire grimper ou d’activer de petits pouvoirs.
On est rentré épuisé, heureux et bien sûr on cherche déjà le meilleur Airbnb pour l’année prochaine !
Essen c’est un peu le cirque Barnum ! il y a du spectacle partout et il est quasiment impossible de tout voir… C’est plein de couleurs, parfois très bruyant, et on frôle les 20.000 pas en fin de journée. On tombe sur des animateurs nous donnant des règles approximatives, on ne finit que très rarement les parties débutées, et il est réellement difficile de faire des affaires, les jeux sortants pour la plupart dans les boutiques quelques jours à quelques semaines de là, à des prix souvent plus intéressants !
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Alors pourquoi aller à Essen ?
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Essen c’est plus de 200000 visiteurs, plus de 1500 jeux nouveaux cette année et c’est surtout le départ de la course de Noël pour tous les éditeurs.
Essen c’est à la fois un énorme supermarché et l’occasion de tester en avant-première tous les jeux qui demain envahiront les étals de vos boutiques préférées.
Certains vont se mettre en chasse de la pépite inconnue qui sera épuisée en quelques heures et qui fera le buzz sur les réseaux et d’autres se dirigent vers les soldeurs où les jeux plus anciens sont vendus avec un discount qui parfois n’en a que le nom !
L’exotisme est partout grâce à la présence de petits éditeurs venant de tous les pays en particulier les éditeurs asiatiques (D’ailleurs Essen a un accord avec le Tokyo Game Show ce qui garantit maintenant leur présence chaque année). On retrouve à la croisée de certains halls des petits stands ou des passionnés venant du Monde entier proposent un jeu improbable et c’est cela qui donne autant de plaisir à aller chiner le jeu génial et encore inconnu.
Les éditeurs courent dans tous les sens pour eux-mêmes chopper la localisation qui fera les futures ventes de l’année prochaine ! C’est d’ailleurs important de se renseigner car beaucoup de jeux sortent en français pour certains d’ici à quelques semaines et si l’anglais vous gêne c’est parfois raisonnable d’attendre un peu.
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Alors ? Pourquoi ce rendez-vous chaque année est à marquer d’une pierre blanche sur nos calendriers, pourquoi les hôtels et les plans logements les plus sympas sont déjà bookés à l’heure où vous lisez (peut-être) ces lignes ?
Tout simplement car c’est l’endroit où tous les passionnés veulent être pour connaitre en avance les tendances des mois qui vont suivre ! Quelle sera la perle introuvable que l’on ramènera du salon et qui fera pâlir de jalousie ceux qui n’ont pas eu la chance de s’y rendre et que vous retrouverez à vil prix sur Okkazeo d’ici quelques jours ? Quel Kickstarter à ne pas louper dans les prochains mois fera carton plein ? Quel jeu de pli asiatique révolutionne encore par sa mécanique alambiquée un genre déjà très fourni ? Quel jeu expert fera les gros titres du Diamant ou de l’EGA d’ici les prochains mois ?
On a pu se rendre compte cette année que tous ces facteurs de « mobilisation » et d’euphorie étaient en retrait par rapport aux années passées. Certains genres ont tendance à avoir du mal se renouveler comme l’Eurogame « à l’allemande » par exemple. Le nombre de nouveautés s’est réduit de moitié et le business model tend à viser une cible qui devient de plus en plus familiale. Le jeu Expert reste une niche qui souffre mais qui ne s’avoue pas battue pour autant !
Je vais essayer en quelques lignes rapides de vous donner mon ressenti et qu’est ce qui a eu pour moi un impact suffisant pour en faire un élément à retenir voir un futur achat.
Ce sont d’abord deux éditeurs que je veux mettre en avant :
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Hegemonic Project Games – World Order
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Les éditeurs Chypriotes qui ont déjà publié Hégémonie, une simulation économico politique à base de card driven où chaque joueur incarne un groupe d’influence ou l’état.
Nous avons eu la chance de pouvoir tester World Order, leur prochaine sortie. On retrouve à nouveau la patte de l’éditeur dans le matériel proposé et une DA très reconnaissable. Le jeu proposé est cette fois-ci plus classique qu’Hégémonie puisqu’il s’agit d’un Eurogame qui simule la prise d’influence des grandes puissances mondiales en 2010 sur le globe, ceci par le biais d’actions diplomatiques, économiques et militaires. Vous allez devoir potentialiser une main de 6 cartes, quatre vont être jouées et les deux dernières vont vous permettre d’étoffer votre arsenal. Vous allez devoir gérer à la fois la prise de contrôle de pays, vos ressources, surveiller vos adversaires et savoir quand et ou prendre le contrôle. Ce sont des mécaniques classiques qui sont au service d’un thème tout le temps présent et c’est bien là le sel du jeu : un thème fort et des mécaniques qui sont là pour l’amplifier et le magnifier. Tout l’inverse d’un certain nombre de jeux que nous avons pu tester, aux mécaniques classiques, avec parfois quelques twists nouveaux et au thème totalement plaqué ce qui au final rendent le jeu beaucoup moins immersif et vite lassant.
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C’est d’ailleurs pour cela que j’ai adoré Kartini : from darkness to light de chez ION Games, un futur Kickstarter annoncé pour 2025. Là encore, un thème ultra présent et des mécaniques qui sont construites pour le servir. On est là sur un jeu d’une autrice indonésienne, Sherria Ayuandini, qui a simulé le retrait de la Hollande comme empire colonial de l’Indonésie sur un siècle par le biais de l’éducation des jeunes filles indonésiennes. Par le biais d’écoles disposées sur les différentes iles de l’Indonésie, vous allez « diplômer » des jeunes filles qui vont devenir elles-mêmes professeurs, « Mécènes », politiciennes et guerrières. Inspiré des écrits épistolaires de Kartini avec une amie Hollandaise, cette dernière fut une héroïne nationale qui milita énormément pour l’émancipation des femmes, et compris très tôt que la liberté de son peuple passerait par son éducation.
Je pense ne pas me tromper pour affirmer que si à l’avenir, le jeu expert veut se renouveler et garder un attrait fort, c’est par le biais de ce type de développement qu’il y réussira. Dans un genre moins poussé mais tout à fait réussi, Seti de chez CGE (localisé d’ici quelques semaines par Iello) a trouvé son public avec là encore une thématique très présente et un système de jeu très plaisant. Là encore des mécaniques au service d’un thème fort et une direction artistique qui permet de s’immerger totalement.
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Play to Z – Lynx
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Cette année, on a eu une poussée de jeux « économiques » plus ou moins réussis avec comme tête de gondole un jeu qui aurait pu passer inaperçu : Lynx de Bradley Davis chez Play to Z, un nouvel éditeur mais pas un inconnu, Zev Shlasinger le patron historique de ZMan Games qui était un des pontes de WizKids.
L’action se situe au Canada à la fin du XVIIIème siècle, vous incarnez des trappeurs et vous devez faire le commerce de la peau de lynx. Vous avez quatre actions possibles à jouer à chaque tour accompagnées d’un certain nombre de cartes pièges. Vous aurez 12 cartes pièges au départ et vous devrez gérer votre main tout le long de la partie. Ces cartes pièges sont numérotées de 10 à 69 et représentent soient la qualité de la fourrure, soit la rapidité à laquelle vous allez piéger vos proies. Tout piégeage vous demande à payer de l’argent en fonction de la rareté des proies. Moins il y a de proies, plus votre investissement est élevé.
Les actions vous permettent, soit :
De piéger du lapin, leur population diminuant, leurs prédateurs en subissent aussi les conséquences. Les cartes pièges utilisées seront gardées jusqu’à la fin de partie pour un scoring final. Chaque piégeage vous demande à payer un certain prix variant en fonction de la rareté des animaux (plus ils sont piégés, moins ils seront nombreux et moins l’année suivante ils se reproduiront)
De piéger du Lynx : plus la valeur de la carte est élevée, plus la qualité de la fourrure est bonne mais vous passerez après ceux qui ont piégé plus rapidement que vous ! cela vous amènera à perdre une somme rondelette si vous passez en dernier. Les cartes pièges sont retournées en main en inversant le sens (le nombre étant inscrit en rouge) et sont prêtes ainsi à être vendues
De vendre vos fourrures de lynx aux comptoirs qui en font la demande chaque tour avec des valeurs d’achats qui vont différés. Celui qui a les plus belles fourrures (cartes rouges les plus élevées) passe en premier. La valeur diminuant de 1 à chaque vente.
De profiter de l’hiver pour remettre son matériel en état : c’est une manière de passer et de jouer quelques cartes bonus sans pour autant dénaturer le jeu.
Lynx est un jeu de tempo, économique, simple dans la compréhension des règles et d’une grande profondeur. L’animateur nous a dit qu’il y avait une version ou au lieu de jouer tours par tours, il fallait programmer trois tours par trois tours, ce qui change totalement le tempo du jeu. Une partie se joue à 4 en 1H. Le seul point discutable reste le thème qui peut rebuter certains même si cette simulation économique se situe dans une période historique où cette activité ne posait pas de souci concernant la protection animale ou le commerce de fourrure.
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7 Empires
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Le second jeu à tirer son épingle du jeu dans cette catégorie n’est pas un jeu économique en soit mais il en a quelques similitudes… Il s’agit de 7 empires de Mac Gerdts, le génial auteur de Concordia, Impérial ou transatlantic.
Les 7 empires les plus puissants d’Europe au XVIIIème siècle se déchirent pour gagner la suprématie de l’Europe incluant la Russie, l’Empire Ottoman par le biais de contrôle de territoires. Chaque joueur démarre avec un représentant d’un empire qui lui donne ou non le contrôle en fonction de sa force. A chaque tour comme si vous achetiez des parts d’une société, vous allez pouvoir choisir de récupérer une personne influente d’un empire, pouvant du coup faire basculer la « majorité » et vous donner la maitrise pour le tour des actions relatif à cet empire. Là encore le tempo est fondamental compte tenu du fait que les actions possibles du tour ne pourront être refaite qu’au minimum trois tours plus tard. En effet un système de pions colorés indique pour chaque Empire l’action possible pour le tour, une fois réalisé ce pion coloré est placé en bout de queue et remplacé par le suivant. Il y a 5 actions différentes, vous permettant de déplacer vos troupes, améliorer vos armées, construire vos bateaux, etc. Il va falloir bien peser les actions en cours car au fur et à mesure de la partie vous aller gagner de l’influence dans plusieurs empires qui vous rapporteront des points de victoire à la fin de partie. Il est donc important de bien choisir ses cibles et quand reprendre la majorité pour préserver ses intérêts.
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Haute Tension : Outpost
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Le dernier, là encore un mélange de différentes mécaniques et qui rentre aussi dans la catégorie des jeux économiques, c’est la nouvelle itération de Funkenschlag de Friedemann Friese, le célèbre auteur aux cheveux verts !
Avec Outpost, L’auteur a corrigé pas mal de points et cette nouvelle version est tout simplement parfaite : 1 seule ressource, l’ouvrier et un système d’enchères qui permet de diminuer la valeur des cartes qui n’ont pas trouvé grâce à vos yeux. Trois types de cartes sont à acheter : des baraquements vous permettant d’éviter de réemployer votre main d’œuvre à chaque tour, des centrales électriques permettant d’alimenter votre réseau et des cartes spéciales pouvant vous apporter bonus ou réduction sur vos prochains achats. C’est rapide et efficace. Si vous ne possédez pas déjà Haute Tension (Funkenschlag), précipitez-vous, c’est un classique qui entre parfaitement dans une ludothèque !
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J’aurai bien pu aussi vous parler de Stephens où vous incarnez des Maitres Verriers à Lisbonne au XVIIème siècle mais j’avoue que la moitié de partie que j’ai joué ne m’a pas totalement convaincu et j’attends de rejouer avant de donner mon point de vue définitif.
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King’s Coalition
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Le dernier jeu que je mettrais en avant est la fameuse perle que personne n’attendait et qui en fait l’objet incontournable que l’on ramène et que l’on exhibe fièrement en déclarant : « voilà un jeu qui est passé sous les radars mais qui va faire un carton dans les mois qui viennent… ! »
Il s’agit de King’s Coalition, un mélange de Fantasy Realms et de Love Letter (pouvoir de chaque faction) toujours chez Play to Z (décidément l’éditeur à surveiller ! Il y avait aussi Yro que nous n’avons pas pu tester car bloqué par la douane et qui s’annonce très prometteur).
D’un coté un deck de cartes numérotées de 0 à 12 en fonction de la faction à laquelle elles appartiennent. 6 sont distribuées face cachée (une carte sera révélée à chaque tour et enrichira la pioche) et chaque joueur en recevra 7.
6 grande cartes sont posées au milieu et représentent les objectifs à atteindre pour faire le plus de points à la fin de la partie. Les deux premières sont communes à chaque partie. La première indique les points possibles si vous avez au moins trois cartes appartenant à la même famille et la seconde le nombre de points pour au moins 6 cartes se suivant dans l’ordre croissant. Les 4 suivantes sont prises au hasard dans un deck bien fourni et sont placées face cachée et ont un bonus fixe qui leur est attribué (de 30 points pour la première à 10 points de victoire pour la dernière).
A chaque tour, vous avez le choix de prendre l’une des cartes de faction visible ou de tirez au hasard une carte dans la pioche. Au bout de 6 tours, on fait les comptes des points. On commence par les valeurs faciales de chaque carte et ensuite on regarde en fonction des objectifs s’ils sont atteints ou non. Le jeu est très simple et plein de rebondissement ! le premier bonus demande à ne pas avoir de paysans dans sa main par exemple, et les deux suivant demandent le contraire. Quelle carte défausser sans pour autant avantager le joueur suivant ? Quel objectif abandonner, et sur lequel focusser son attention ? Les parties s’enchainent rapidement et le jeu devient très vite addictif ! On veut bien évidemment battre les autres et le record de point obtenu (record à battre : 171 points !)
Pour vous rassurer, le jeu est déjà signé par une maison d’édition française qui va bientôt le localiser avec un thème différent.
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Il y a bien sûr encore beaucoup de jeux dont j’aurai envie de parler comme Hybris 2 de Damien Chauveau chez Intrafin tant le visuel est incroyable ! j’ai eu en avant-première une explication des règles à Cannes mais nous n’avons pas eu la possibilité de le tester à Essen. Ce n’est que partie remise et le KS démarre bientôt.
Altay m’a aussi séduit par sa simplicité et l’offre rare d’un Deck Building avec conquête de Territoire. C’est assez rare pour le mentionner (je ne connais que Tyrants of the Underdark qui propose la même chose). Hélas, notre partie a été particulièrement gâchée par un setup qui ne correspondait pas aux règles et par le manque de professionnalisme de l’animateur (ce fut d’ailleurs un point particulièrement récurant et gênant lors de ce séjour).
Ce ne sont que quelques petites gouttes dans un océan de nouveautés ! on pense déjà à l’année prochaine et on se retrouvera à Cannes avec d’ici là de nombreuses occasions de jouer et de prendre du plaisir et de valider si ces quelques coups de cœur résisteront au temps qui passe ou s’ils iront rejoindre les étagères déjà trop pleines ou poursuivre leur route en enrichissant les offres d’Okkazeo !
Ce week end a eu lieu le festival du Graoully, organisé par la boutique la Caverne du Gobelin. Acteur incontournable dans le jeu de société en lorraine, La caverne du gobelin c’est, à l’heure actuelle, 6 boutiques (Metz, Nancy, Pont à Mousson, Toul, Thionville et Semécourt), un site web et 3 festivals dans l’année, Metz, Nancy et Pont à Mousson. Et je ne parle pas de toutes leurs participations aux diverses initiatives dans la région. Bref, un sacré acteur du jds.
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On en revient à nos moutons avec ce 3ème festival organisé par la boutique chaque année, et ce de manière gratuite pour les visiteurs ! Et ça c’est top. J’adore m’y rendre les matins, et chose parfois rare, j’y trouve toujours de la place pour y jouer. Bref ce festival coche beaucoup de cases positives et devient un incontournable de mon année ludique.
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crédits photos : La caverne du gobelin
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Sous le signe des enfants
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J’y suis allé cette année en famille, du coup je n’ai presque fait que des jeux enfants ^^
Nous avons commencé par Cache-cahe Loustic chez Loki qui revisite le 1, 2, 3 Soleil de nos cours de récré en jeu de société sur table. Même si j’ai apprécié la qualité du matériel et cette utilisation des couvercles de la boîte comme plateau de jeu que je trouve souvent bien pensée, le jeu en lui-même n’a pas déchainé l’enthousiasme des parents, ni même des enfants. Assez répétitif et basique, on se contente de placer nos meeples sur le plateau, en essayant de les cacher des 2 lignes de vue du loup, symbolisées par 2 têtes de loups que l’on positionne sur les côtés du plateau. Le joueur qui incarne le loup à ce tour, devra se cacher les yeux pendant que les autres placent leurs meeples, puis regarder au travers de cet œil de loup et désigner la couleur du ou des meeples qu’il apercevrait par là. Le loup récolte des tokens s’il voit quelqu’un, ceux qui ne sont pas vu récoltent aussi des tokens.
Prochain tour, le loup change, et rebelotte.
C’est mignon dans l’idée, plutôt bien édité avec cette utilisation de la boite comme plateau de jeu, mais ça tourne vite en boucle. A réserver vraiment aux plus jeunes selon moi.
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Smart Games
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Encore de belles sorties chez Smart Games, même si j’ai toujours ce sentiment de voir 2 ou 3 mécaniques sans cesse exploitées, rethématisées, et déclinées à outrance. Casse-tête de construction, casse-tête géométrique, placer les formes dans un espace contraint, etc.
Là je note 2 belles sorties surtout car cela apporte une mécanique de duel, dans le sens où les jeux sont prévus pour 2 joueurs, avec chacun son plateau, et la victoire à celui qui réussit le défi le plus rapidement. Le joueur n’est donc plus seul face à son défi, mais le duel rajoute cette tension de la résolution plus vite que l’adversaire.
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Genius Square et Genius Star. Vous lancez des dés au début de la manche qui impose les contraintes de placements. Ensuite vous devez placer tous les éléments sur votre plateau le plus vite possible. Le Genius Star est un cran au-dessus avec un plateau en forme d’étoiles et des formes plus complexes à placer. Même mécanique et même proposition de jeu sinon. Pour les amateurs de casse-têtes en duo version compétitive.
Les classiques pour enfants avec Lièvres et Renards, Pagodes, Forteresse … qui sauront titiller la curiosité, l’envie de réussir le niveau ou encre exacerber la frustration de vos enfants mais pas que. C’est du x à 99 ans parce que même si le thème proposé est enfantin, certains défis vers la fin sont vraiment costauds ! Il y en a pour tous les goûts, des chevaliers et châteaux, des animaux, des astéroïdes, des fantômes, etc. Niveau édition, cet éditeur a quand-même bien compris sa cible.
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Kids Express
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Autant la version « adulte » Colt Express a de quoi séduire avec sa mécanique de programmation qui permet d’avoir du fun, un mix stratégie/chaos et des résolutions d’actions étonnantes, autant sur cette version enfant, les choix de mécas simplifient vraiment trop le tout pour faire pshit. Super matériel comme d’hab’, le train à construire et assembler pour la partie en mettra plein les yeux des jeunes joueurs. Mais c’est un peu tout ça pour ça.
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Surtout les enfants vont se ruer vers l’action qui consiste à essayer de faire tomber du train les méchants, avec une pichenette d’une silhouette en carton depuis l’extérieur du train. Sorte de tir au pigeon, ça enthousiasme clairement les enfants. Tant mieux, mais un peu au détriment du jeu finalement, qui n’a qu’un déplacement et pioche d’un jeton à offrir en tant que 2ème possibilité d’action. Quand une des piles de jetons d’un wagon est vide, on fait le compte.
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Roule Tampouille
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Le roll & write version enfant, je m’y suis frotté avec Encore Kids ! chez Spiel. Déclinaison paresseuse de ce jeu Encore ! qui constitue un roll & write de découverte plutôt bien ficelé, j’ai vu ce Roule Tampouille d’un œil circonspect. Eh bien, ce que je peux dire, c’est que visiblement, un studio de développement spécialisé enfants (Space Cow) saura logiquement mieux éditer un jeu vers cette cible.
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Encore heureux me direz-vous, mais si je me sens obligé de le préciser, c’est que ça n’est pas forcément toujours le cas. Pour ce jeu en tout cas, la proposition me semble bien amenée et bien travaillée, tant avec le matériel (des tampons tous mignons que les enfants vont adorer utiliser), que sur le niveau de jeu (on peut ajouter des cartes objectifs). Oui on est sur du roll & write mais les enfants le verront surtout par le biais de ces tampons, ces animaux à grouper dans les parcelles, et à organiser tout ça au mieux.
A partir de 5 ans, mais les plus âgés pourront aussi ajouter les cartes objectifs qui amèneront une dose de difficulté et rajouteront de l’intérêt à un jeu simple qui peut proposer un challenge plus relevé, avec plus de contraintes de placements, mais toujours avec ces tampons choupinous.
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Plouf Canard
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Plouf effectivement. A réserver aux plus jeunes tant la proposition est légère. Lancez un dé, faites avancer la cane et ses petits, la cane doit être toujours devant et « mener la danse ». Le chemin est pavé de symboles correspondants aux faces du dé. Le mien n’a plus l’âge. Me semble faire partie de ces jeux pour tous petits, où souvent l’enfant s’amuse (c’est déjà ça) mais les parents s’ennuient, et guident dans l’exécution et l’application des règles.
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Solstis
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Bonne pioche celui-ci que j’avais acheté 10 jours auparavant et qui était jouable sur le festival. Reconstituer un paysage à l’aide de tuiles, une mécanique de « capture » de tuile et un duel qui fonctionne puisque les tuiles jouées par un joueur sont indisponibles pour l’autre. 15 minutes de jeu après la 1ère partie, une boite riquiqui, ça coche plein de cases.
3 tuiles dans sa main, une rivière de 6 tuiles visibles. Vous jouez une tuile de votre main, si la couleur ou le chiffre correspondent à l’une des tuiles de la rivière, vous récupérez les 2 et les placez pour reconstituer votre montagne. Si ça ne correspond pas, votre tuile va dans la rivière, vous prenez une tuile de la pioche et vérifiez à nouveau s’il y a correspondance couleur ou chiffre. Si non, prenez une tuile arc-en-ciel qui fonctionne comme un joker en se plaçant à n’importe quelle endroit de votre montagne. A la fin, gagnez autant de points que votre plus grande surface de tuiles, les PV des esprits rencontrés, et les feux reliés à la vallée. Simple et pas autant dans le « chacun dans son coin » qu’il peut paraître au premier abord. Pas d’interaction directe non plus à aller pourrir le plateau adverse, mais plutôt à surveiller la montagne de l’autre, chaque tuile étant présente en 1 exemplaire, si un joueur se focalise sur une zone de la montagne, peut-être envisager une autre zone à développer, ou alors lui couper l’herbe sous le pied (ou essayer en tout cas).
Très satisfaisant car maitrisé dans son rapport poids/durée, qui fait qu’en 10-15 minutes une partie est pliée, et que la profondeur demandée est en adéquation avec ce temps de jeu.
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Un peu d’« expert »
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Une salle dédiée aux jeux expert animée par l’ami Ben des Recettes Ludiques propose sur les 3 festivals de joueur à du costaud. Ce week-end, c’était Kutna Hora dont je vous ai déjà chanté les louanges, Path of Civilisation (fond de jeu intéressant mais pourquoi ce travail éditorial qui alourdit tout à tous les points de vue ??), Wyrmspan (la version boosté de Wingspan à laquelle j’ai hâte de pouvoir jouer tranquillement), etc.
crédit photo : la caverne du gobelin
Des tournois de JCC et TCG, une braderie, un espace boutique, des jeux surdimensionnés, un espace auteurs et même en prime un match de D2 féminine à 13h le dimanche, puisque les filles du club jouaient l’après-midi ^^ Et oui, ça se déroule au stade du FC Metz ! 😉
« Voilà, c’est fini. On a tant ressassé les mêmes théories, on a tellement tiré chacun de notre côté… »
Cannes vient donc de se terminer et c’était comme d’habitude un moment incroyable fait de rencontres, de jeux, de rires et de surprises ! Ce compte rendu ne se veut pas exhaustif et au-delà des jeux présentés dans cet article, nous avons eu la possibilité de tester certains jeux que je n’ai pas pu prendre en photo pour des raisons de confidentialité, d’oubli ou tellement on était dedans !
Commençons, par mettre en lumière le palmarès, son audace et son émotion incroyable illustrée par les auteurs de la Famiglia, Maximilian Maria Thiel et de Trio, Kaya Miyano. On peut bien sûr être déçu par le fait que son « chouchou » n’ait pas gagné de prix mais personnellement, je n’ai jamais été aussi en phase avec un palmarès et ceci depuis de nombreuses années. Bravo à chacun des nommés et félicitations au jury pour le travail effectué tout le long de l’année.
Maintenant, place aux jeux !!
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Premier jour :
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Notre « amour » des jeux de plis nous a poussé vers le stand de Nostromo Editions pour tester 99% pure. Premier jeu, première sensation étrange, il ne s’agit pas d’un jeu de plis comme nous le pensions et comme il est indiqué sur la boite, mais plus un jeu de cartes à effet avec du « take that » à en revendre ! On incarne des chimistes produisant de la méthamphétamine ou des agents de la DEA voulant mettre fin au trafic. Au final, on a un jeu plein de chaos qui ne nous a pas convaincu même s’il trouvera peut-être son public dans les amoureux de la série télévisée qui l’a inspiré.
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On reste sur le stand de Nostromo édition pour tester Along History, un jeu de cartes de civilisation. Là encore, petit malentendu… On découvre après la partie test, que le jeu est composé de trois phases et que nous avons joué une de ces phases raccourcie. Il est donc difficile de se prononcer sur le jeu sans avoir joué une partie complète car chaque phase est imbriquée à la suivante. La mécanique implique des dés qui vont en fonction des résultats nous servir à mettre en place notre civilisation par le biais de cartes et de progresser sur un plateau de scoring. La majorité des dés du joueur actif va ensuite servir aux autres joueurs à faire de même. Il y a une forte interaction directe puisque vous allez pouvoir voler des cartes adverses, attaquer sa civilisation ou imposer des évènements négatifs (invasions barbares, catastrophes naturelles) pour empêcher sa progression. Nous restons donc sur notre faim et attendons une partie complète pour un avis définitif même si certains d’entre nous savent que ce n’est pas du tout leur type de jeu.
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Direction le stand de Matagot, un petit Cat in the Box avant que la place pour tester Wyrmspan se libère !
Wyrmspan : des combos de partout, de la tactique, moins de hasard par rapport à son frère ainé, une nouvelle piste de progression. En un mot un nouveau jeu plus gamer et bien plus nerveux que celui que vous connaissez déjà. On a tous trouvé ça très bien avec un vrai enjeu dans la construction des cavernes, le choix des dragons.
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On enchaine sur un de mes coups de cœur du salon ! Infiltraitres de chez Origames, un jeu de déduction collaboratif avec des mécanismes simples ou l’objectif est de déduire collectivement quels sont les traitres qui ont infiltré votre agence d’agents secrets. Par le biais de cartes, vous allez essayer de déduire quelle est la valeur et la couleur d’une carte cachée. Un seul d’entre vous aura la réponse et en orientant les cartes verticalement ou horizontalement, vous pourrez finalement éliminer l’indélicat mouchard qui renseigne les agences ennemies. La difficulté du jeu va crescendo à la manière de the Crew, vous allez ajouter des contraintes rendant les objectifs de plus en plus tendus.
Le jeu est très addictif, au point que nous avons enchainé plusieurs parties. Il devrait se retrouver dans les boutiques d’ici une quinzaine de jours.
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Art Society de chez Lucky Duck Games : on termine notre journée avec un jeu de tuiles et d’enchères ou vous devez acheter des tableaux de peinture afin de décorer votre intérieur. Le jeu se joue en 20 manches d’enchères successives ou s’arrête quand un joueur a terminé entièrement de remplir son « salon » ou qu’aucun joueur ne peut utiliser les peintures restantes. Le système d’enchères est un système caché ou chacun va choisir un montant symbolisé par un chiffre sur une petite plaquette que l’on utilise en salle des ventes. Chaque joueur va pouvoir choisir en fonction de son enchère une peinture et il restera un tableau non utilisé qui va fixer une valeur numéraire au style de tableau et qui permettra de calculer les points en fin de partie. Il va falloir faire attention au placement des peintures qui représentent chacune un style particulier (portrait, nature morte, etc.) symbolisé par des couleurs afin que deux peintures ou plus de même nature ne soient pas positionnées l’une à coté de l’autre. Cette faute de gout entrainera le fait de n’être pas comptabilisé dans le total de points en fin de partie. Il faudra aussi faire attention au cadre de chaque peinture. Si les cadres sont identiques, vous gagnerez des éléments de décoration vous permettant de compléter plus rapidement votre « intérieur ». Le jeu a reçu un super accueil tout le long du salon mais ne nous a pas totalement convaincus, dû à un effet répétitif sans réelle montée en puissance. Le choix de la taille des tableaux à mettre aux enchères est bien sûr crucial et demande à bien lever la tête afin de voir les progressions de chacun. Comme on ne voit les couleurs qu’au moment de la révélation, il est difficile d’anticiper et de parfaitement contrôler sa progression. Je n’ai aucun souci sur le fait que le jeu va rencontrer un public nombreux.
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Second jour :
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Browl de Reiner Knizia de chez Pixie : on s’échauffe en attendant un rendez-vous avec un petit jeu de collection très classique. Un nombre de familles différentes dont le nombre varie en fonction de la valeur. On pose une carte à son tour devant soi et quand on a un nombre de cartes correspondant à la valeur de la famille en comptabilisant l’ensemble des cartes devant chaque joueur, on score. On peut ajouter des objectifs à chaque manche pour varier les enjeux.
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La Famiglia : Maximilian Maria Thiel savait que nous étions de grands fans de son jeu et de sa proposition ludique originale. Il a souhaité nous présenter son travail de réflexion concernant une éventuelle future extension. Cet auteur est très attentif aux retours des joueurs et il a travaillé sur plusieurs options et dans plusieurs directions : le nombre de joueurs (1 contre 1, deux contre 1), la manière de s’affronter (les cartes de bluff ou d’autres options), la correction d’éventuelles tuiles ou points de règles et l’ajout d’options au jeu initial. Je ne rentrerai pas dans le détail car rien n’est pour l’instant décidé mais j’avoue avoir été épaté de la créativité et du travail de développement de Maximilian et de son équipe. Nous lui avons donné notre avis et il est sûr que si une extension voyait le jour, ce serait pour moi un achat immédiat !
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Un tour rapide chez Age of Champagne qui présentaient un jeu « work in progress », Dice Mission. Je ne suis pas certain d’ailleurs qu’il s’agisse du nom définitif et ceci en présence de l’auteur Laurent Lavogiez avec qui nous avons fait une partie. On a là un jeu purement familial avec comme base le Yams. Il va falloir remplir des objectifs successifs afin de scorer le plus possible. On tire au départ des objectifs plus ou moins difficiles et on a la possibilité d’en réaliser d’autres à partir d’objectifs communs à l’ensemble des joueurs. Certains objectifs une fois réalisés donnent accès à des cartes bonus que vous allez pouvoir utiliser pendant votre tour. A votre tour, c’est vous qui donnez le tempo : le nombre de dés à lancer, le nombre de relances (sans excéder trois) et les autres joueurs doivent faire de même (à moins d’avoir une carte pour modifier le déroulé) ensuite chaque joueur découvre en fonction de sa combinaison de dés les objectifs atteints. La partie s’arrête quand un joueur a fini l’ensemble de ses objectifs. Réaction mitigée du groupe, personnellement j’ai bien aimé et il s’inscrit parfaitement dans un jeu à destination d’un public familial.
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Thesauros de chez Super Meeple : Encore un jeu « work in progress ». Nous avons accumulé les malchances concernant ce jeu qui au départ nous avait attiré sur le papier. Nous nous sommes installés quand l’auteur s’en allait déjeuner et comme seul deux personnes étaient au fait des règles nous avons dû attendre que la personne restante finisse son explication à une autre table avant de pouvoir commencer. Ensuite par un autre concours de circonstances, elle a dû en même temps s’occuper des ventes ce qui n’a pas facilité notre immersion et l’intégration des règles et particulièrement les points de détails.
On incarne des chasseurs de trésors dans une ile du pacifique qui est aussi un paradis fiscal. C’est un jeu classique de pose d’ouvrier précédé d’une phase d’allocation budgétaire originale qui variera en cours de partie sans toutefois être reprogrammée. Au début du jeu, vous allez choisir d’allouer un budget fixe qui vous permettra d’investir dans différents endroits… Sans oublier une caisse noire qui vous permettra entre autres de pouvoir choisir la place de premier joueur. Il y a dix endroits possibles où vous allez positionner vos « ouvriers » et ainsi développer votre entreprise en augmentant le nombre de vos employés, en les spécialisant, en achetant de l’équipement ou même le brevet d’exploitation qui vous permettra de toucher des dividendes des autres joueurs, des cartes « aux trésors » vous donnant la possibilité d’explorer des fonds marins, de « promener » les touristes et d’alimenter les musées des trésors que vous allez sortir de l’eau. Vous pourrez augmenter votre flotte maritime et utiliser des hydravions pour les approvisionner en mer et gagner un précieux temps. Parfois vous allez vous débarrasser des requins infestant les eaux qui vous servent de terrain de jeu. Ce point d’ailleurs a amené une discussion entre nous car le fait de tuer les requins permet l’obtention de points de victoire.
Nous n’avons hélas pas pu jouer réellement au jeu car nous avions trop de questions laissées en suspend et comme nous avions rendez-vous nous n’avons pas pu réellement nous « immerger » dans ces eaux troubles ! Au final une déception pour tout le monde et un regard dubitatif sur la proposition somme toute assez classique en dehors de la phase budgétaire qui, elle, apporte un petit twist. Le jeu sera proposé dans deux versions jouables, la classique qui était en test sur le salon et une version plus « agressive » avec de l’interaction directe négative par le biais de mercenaires que vous pourrez engager pour saboter les spots de plongée et freiner l’expansion de vos concurrents. Nous attendrons donc le jeu finalisé afin de donner un avis définitif.
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Kitsune ou Kitsu de Thomas Favreliere chez Grrre Games : Encore un jeu « Work in progress » où vous jouez en équipe. Nous avons joué à six, trois personnes jouent pour les cartes bleues, les autres pour les cartes rouges. La disposition est ainsi faite pour que vous ayez vos coéquipiers à intervalles réguliers. Les cartes vont de 1 à 6 et la répartition n’est pas égale. L’objectif est de jouer à son tour une carte de la couleur que l’ont veut ou une carte spéciale. Il y a trois types de cartes spéciales, toute représentées par un masque de renard (Kitsune). L’une permet de forcer le joueur suivant à jouer une carte d’une couleur précise (Il ne peut pas ne pas le faire sauf s’il n’a plus la couleur dans sa main.), la seconde permet de détruire une carte de n’importe quelle valeur ou couleur, la dernière permet d’inverser les couleurs (Le rouge devient bleu et inversement.). A chaque fois que l’on a épuisé sa main, on fait les comptes en déduisant le nombre de points d’une couleur moins l’autre et on avance le Meeple de notre couleur d’autant de points sur une piste de score. Si la différence de point est d’au moins 4, l’équipe perdante gagne un bonus et décide quel joueur en dispose. Il pourra à son tour l’utiliser et influer sur le tour en cours. Une manche se joue en 15 points et on va en jouer trois. J’ai beaucoup aimé l’expérience et le jeu devrait être sur les étals d’ici quelques mois.
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Luz de Taiki Shinzawa chez Iello : une implémentation d’un jeu qui fêtera ses dix ans bientôt !
Luz est un jeu de déduction et de plis où vous devez programmer à l’avance le nombre de plis que vous pensez faire dans la partie. Vous pouvez vous donner une sécurité d’un pli en plus mais vous ferez moins de points de victoire si vous atteignez votre objectif. Le twist consiste à récupérer le jeu de votre voisin en début de manche et de le tenir à l’envers, chaque carte ayant un dos de sa couleur (le principe d’Hanabi). De cette façon vous allez pouvoir voir le jeu exact de vos adversaires et les cartes de chaque couleur que vous possédez. Bien entendu, toutes les cartes ne sont pas distribuées et il va falloir prendre quelques risques pour définir votre nombre de plis gagnants. Une des couleurs est toujours de l’atout.
Iello a fait un très beau travail d’adaptation en augmentant la taille des cartes et en les proposant au format tarot et en a changé les illustrations donnant au jeu un aspect beaucoup plus beau que le jeu original. Quelques points de règles peuvent encore évoluer, en particulier le scoring par rapport au jeu initial. Au final une excellente revisite d’un classique des jeux de plis asiatiques.
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Stick et Stack chez Origames, une sorte de Mikado à l’envers avec des petits bâtons bicolores en plastique à poser sur une coupelle montée sur ressort en tenant compte des couleurs qui se superposent. Pour donner tout le sel du jeu, on tire, avant de poser son petit bâton, une carte qui va définir la façon de le poser (entre les paumes de la main, entre le majeur et l’annulaire, au creux du coude), ou en ajoutant diverses contraintes les plus loufoques les unes que les autres. Au final un excellent jeu d’ambiance où on a franchement bien rigolé.
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2 pommes, trois Pains de Tommy Paupe et Clément Gustave chez Prétexte, sur le stand de Tribuo : le banger du salon !
Un concept ultra simple, des règles expliquées en 30 secondes et des barres de rire pendant tout le jeu. On ajoutera des extensions pour corser la difficulté et on a le party game de l’année !
On va poser jusqu’à trois cartes sur la table et le joueur, à son tour, doit déterminer combien de pommes et de pains sont représentés… La subtilité c’est qu’il y a des pommes de pin qui s’ajoutent aux classique pommes et pains ! Et une pomme de pin c’est aussi une pomme deux pains ! Ça y est, vous savez jouer ! On arrête d’en parler et on va chercher sa boite qui, au fil des jours, était de plus en plus dure à trouver sur le salon !
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Troisième jour :
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Pendant que mes deux compères vont tester Shackleton Base chez Sorry we are French, le dernier jeu de Fabio Lopiano (qui était présent sur le stand), je me dirige chez Explore8 pour tester AI, un jeu de draft, programmation et combo particulièrement jouissif. Rien à voir avec la conférence qui a eu lieu la veille sur le sujet et qui a démontré que le sujet restait particulièrement bouillant entre les deux factions du pour et du contre.
Je ne vais pas détailler sa mécanique car je ferai un article complet sur le jeu tant il le mérite. Nous avons joué à cinq et comme tout se fait en simultané, il n’y a aucune attente.
Au départ, vous allez choisir une AI caractérisée par sa couleur et son pouvoir unique qui va vous rapporter des points de victoire en fin de partie. Il y a deux phases de 7 donnes qui se terminent chacune par un décompte par rapport à un objectif commun à chaque joueur. L’objectif est donc de faire un maximum de points en créant un tableau de 3 cartes sur 5 colonnes avec votre AI en plein centre.
Vous démarrez la partie en choisissant deux cartes que vous allez mettre en réserve, et à chaque tour vous allez choisir une carte parmi une main que vous allez ensuite passer à votre voisin. Une fois fait, vous allez poser une de vos cartes réservées sur votre tableau orthogonalement à l’une des cartes déjà présentes. Un décompte individuel de points a lieu à chaque pose de carte jusqu’au tour 7 où on prend en compte l’objectif commun. On change alors le paquet de cartes pour sept nouvelles donnes. Notre partie a duré moins d’une heure à cinq avec un temps de découverte des cartes. Le jeu propose un choix important d’objectifs communs et d’AI différentes permettant une énorme rejouabilité. J’ai adoré la partie et le principe du jeu.
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Sur le stand, les joueurs pouvaient tester Robotrick, un excellent jeu de plis exclusivement à 3 joueurs avec un automat. L’expérience est fabuleuse ! J’avais déjà la version asiatique dans ma collection, Explore 8 a amélioré la lisibilité des cartes automat, si vous ne l’avez pas, foncez ! c’est de la bombe.
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Hybris 2 de Damien Chauveau chez Aurora game studio, distribué par Intrafin : Hélas, je n’ai pas pu tester le nouvel Hybris car dès jeudi matin, toutes les places avaient été réservées ! on ne jouait que deux tours afin d’en comprendre les mécanismes et avoir les sensations du jeu.
Damien Chauveau m’a expliqué les objectifs pour chacune des factions jouables. Force est de constater que le jeu recèle de multiples possibilités et qu’il ne s’agit pas d’un simple jeu d’affrontement et de conquête de territoires. Le jeu est magnifique, les figurines sont extraordinaires et la programmation à partir de cartes est particulièrement futée. Je ne rentrerai pas dans les détails mais je n’ai qu’une seule envie, faire une partie !
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Courtisans de Romaric Galonnier et Anthony Perone chez Catch up Games :
Un jeu intermédiaire de pose de cartes avec objectifs cachés. Les règles sont ultra simples, à son tour on va poser une carte chez soi afin d’agrandir sa collection, chez un autre joueur afin de diminuer la puissance de sa collection et la dernière sur le plateau. En fonction de la position sur le plateau, la faction jouée qui représente une famille de la cour royale comptera en positif ou en négatif.
Il y a plusieurs cartes spéciales qui vont perturber le bon déroulé de la partie et introduire du chaos dans votre programmation (Assassiner une carte, doubler la valeur d’une carte, jouer un espion face caché, protéger une carte.).
A la fin de la partie, on révèle les espions qui viennent grossir les rangs des familles en place et on fait le total pour chaque famille des cartes positives et négatives, en fonction des deux objectifs cachés que vous avez eu en début de partie et de votre collection, vous faites le total de vos points. Le gagnant est celui qui obtient le total le plus élevé.
Le jeu est magnifique, les cartes format tarot sont superbes avec des dorures à chaud sur chacune d’entre elles. Les illustrations de Noémie Chevalier sont particulièrement réussies. Le plateau façon tapis que l’on peut rouler et ranger dans la boite, particulièrement fonctionnel. Le jeu a rencontré son public puisque l’éditeur était sold-out en fin de salon. Pour ma part, je suis resté circonspect, on a joué à cinq et j’avoue que l’on ne contrôle pas grand-chose. J’aimerai le tester à quatre, voire à deux, afin de me rendre compte si c’est le nombre de joueurs qui a créé cette sensation.
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Quatrième et dernier jour :
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La matinée était consacrée à dire au revoir aux amis. Notre seul objectif, non atteint, était de tester Babylone chez Geek Attitude Games dont l’intérêt nous avait été venté par Stéphane Gaubert de l’EGA. Le jeu est original puisque l’on va construire sur le plateau différents édifices qui vont tenir sur des piliers. C’est beau et encore en développement. La sortie du jeu est prévue à priori l’année prochaine. On y reviendra de toute façon !
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Un petit tour chez Blue Orange où nous voulions nous essayer à Métro Paris depuis jeudi ! Ce fut chose faite ! Les connaisseurs des versions précédentes ne seront pas dépaysés. Quelques règles nouvelles, les musées, le Chatelet et on se retrouve avec un jeu plus que satisfaisant, plus animé que son grand frère (London) et avec un scoring plus fort que son frère cadet (Tokyo). Le record du salon a dépassé les 210 points. En attendant qu’une place se libère, nous avons testé notre dextérité à Maurice le Dodo, un des nommés à l’As d’or enfant !
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On a fini par un test d’un jeu de pli dans l’univers d’un jeu de rôle bien connu … pour vous mettre sur la piste, l’illustrateur du jeu de rôle est anglais et il est né en 1952.
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Il est temps de prendre la route et de vous dire à l’année prochaine !
PS : Je ne vous parle pas de mon coup de cœur du salon, un autre jeu de pli, Blot de chez Palladis Games car on en parlera bientôt plus longuement !
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Le Fij de Thibault :
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Peut-être est-ce moi qui devient quelque peu vieux con… Comment ça, absolument ? Toujours est-il que ce Cannes 2024 m’a paru devenir sa propre caricature, entre la billetterie chaotique, les règles d’entrée/sortie aléatoires, le retour de la fameuse jauge du samedi après-midi ou bien encore la restauration au rapport qualité/prix en chute libre. Le problème, c’est que le line-up n’était même pas là pour compenser. Pas de coup de cœur pour moi cette année, quelques jeux intéressants, mais beaucoup de trucs un peu bancals, voire complètement nuls. Si je devais en retenir quelques-uns, je dirais…
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Les Architectes d’Amytis – La Boite de Jeu: celui-là, je crois que je ne peux rien lui reprocher. Un jeu à deux hyper efficace tout en restant chill, on choisit des tuiles dans une grille de 3 par 3 en posant nos petits architectes de manière à (tenter de) former un morpion, tuiles que l’on pose ensuite sur son plateau personnel pour scorer à la fois sur le type de bâtiment posé, et sur un pattern de couleur. La boite ne prend pas de la place pour rien, on marque des points à chaque tour, c’est très joliment illustré, bref, c’est hyper plaisant.
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Rats of Witsar – Intrafin : Romain avait déjà fait un retour dessus après Essen 2023, j’ai pu à mon tour envoyer mes petits rats fouiller la maison du voisin, récupérer du bois et du métal et bricoler des inventions rigolotes. Gros potentiel à combo avec ces actions à double effet Kiss Cool, ce qui peut induire un certain temps d’attente avant que notre tour revienne, surtout qu’il faudra sûrement réfléchir à un plan B, voire C ou D, tant les places sont chères. Et comme les emplacements évoluent d’une manche à l’autre, les joueurs souffrant d’Analysis Paralysis risquent l’anévrisme.
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Kronologic – Super Meeple: encore un jeu de déduction, ce n’est pas ce qui manque en ce moment. Mais quand on voit Yohann Levet et Fabien Gridel sur la boite, forcément on s’arrête pour essayer. Une sorte de Cluedo où on doit deviner avant les autres que c’est le Colonel Moutarde qui a fait le coup dans la cuisine… à 21h30. Oui ici, toute l’astuce réside dans le fait que l’emplacement des suspects évolue tout au long de la soirée, et il faudra déduire leurs déplacements pour trouver le coupable.
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Founders – This Way ! Notre expérience du jeu l’année dernière n’avait pas bénéficié du meilleur environnement, cette année nous avons pris notre temps pour découvrir ce jeu de placement de tuile avec quelques twists qui le rendent très malin. Une sorte de semi-coop mais à rôles cachés, puisqu’on doit d’abord deviner qui marque des points sur la même couleur que nous afin que nos deux scores soient les plus élevés possible… et ce pour deux couleurs différentes. Ça marche très bien et la rejouabilité semble élevée.
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Along History – Nostromo Editions : Alors, celui-ci figure également dans la liste, mais pas pour les bonnes raisons… J’avais pourtant envie de l’aimer, une civilisation à construire, différentes ères à traverser, des cartes joliment illustrées, un système de rivière propre à chaque joueur plutôt original, tout ça était fort émoustillant. En fin de compte, c’est très mécanique, on fait à son tour l’action qu’on peut faire, et non celle qu’on veut faire, la promesse de construire un moteur de jeu tombe à l’eau tant les bonus accordés par les cartes sont dérisoires par rapport au coût de ces mêmes cartes, et le système de jetons pour matérialiser les faces de dés disponibles à ce tour de jeu est assez fastidieux. Grosse déception.
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