Je me rappelle, c’était un 25 février, je ressortais de l’édition 2024 du Festival du Jeu de Cannes et entre deux trombes d’eau, je me demandais si ça valait vraiment le coup d’y retourner une année supplémentaire. Enormément de monde, des jeux pas hyper inspirés, zéro coup de cœur, je n’en avais pas gardé un grand souvenir. Et bah j’ai bien fait d’y retourner malgré tout.
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Cette année a été un excellent cru. Certes, toujours pas de coup de cœur comme Heredity avait pu en être un en 2023, mais il y en a peu – sinon ça ne serait pas des coups de cœur, me diriez-vous. A la place tout un paquet de chouettes découvertes, et un stand chouchou sur lequel je suis passé dès que l’occasion se présentait, parce que les tables étaient limitées et les jeux carrément sympas. Oui, Fentasy Games, je reviendrai te voir à Essen. En attendant, petit récapitulatif des titres essayés !
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Et toujours notre boutique partenaire pour y retrouver les jeux déjà dispo, et bien d’autres :
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Chez Fentasy Games donc, commençons par Bricolage Heads. Un jeu à 2, la grande mode cette année, dans un Japon à l’esthétique joliment foutraque, où chacun tente de construire des robots géants, non pas pour les envoyer se friter avec des Godzillas, mais pour attirer le chaland et réaliser des expos qui rapporteront argent, gloire et beauté. Jeu expert et tendu, ce n’est pas courant dans cette configuration, avec plein de casse-tête pour réaliser les actions dans le bon ordre, avec la limite imposée par notre main, qui décide des lieux de la ville dans lesquels nous pouvons agir. Le jeu devrait sortir pour Essen 2025 si tout se passe bien, avec une patte un peu plus Ghibli au dessin. J’ai hâte.
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Lynx : toujours chez Fentasy Games, un jeu au pitch un peu plus clivant, puisqu’il s’agit de génocider des lynx et des lièvres pour s’en faire des fourrures. Après on se dit qu’on est censé incarner un trappeur canadien du 18e siècle, et l’écologie à ce moment-là… Bref, il s’agit d’un jeu de programmation carrément tendu puisqu’on a que 14 cartes en main, pour 14 tours de jeu, et que ces cartes vont servir à nourrir l’action programmée à chaque tour, qu’il s’agisse de préparer la saison, de piéger des lapins, des lynx, ou de vendre leur fourrure. Il faut aussi jongler avec les intentions des autres joueurs et le cours du lapin et du gros chat, puisqu’il est plus couteux de piéger un lièvre quand il n’y en a plus que 2 qui gambadent, plutôt que lorsqu’ils sont quinze. Un ensemble de mécaniques carrément malignes pour un jeu qui devrait sortir d’ici deux mois.
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Stonespine Architects : on bifurque chez Intrafin le temps d’un Stonespine Architects, dans l’univers de Roll Player et Cartographers. Il s’agit cette fois de construire son donjon en essayant de maximiser le nombre de critères validés, comme d’habitude avec la gamme. La mécanique de base consiste à drafter les cartes qui vont constituer les pièces du premier étage, puis du deuxième, et ainsi de suite, afin de coller le plus aux possibles à nos différents objectifs, mais aussi de récolter des sous qui permettront d’agrémenter notre installation, en rajoutant tunnels, coffres et autres pièges. Ça marche impeccablement, y a une certaine rejouabilité grâce au grand nombre d’objectifs, le fait de produire des sous à chaque tour rend le jeu un peu plus gamer, zéro fausse note.
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Stephens : on retourne chez Fentasy Games pour un jeu expert encore une fois, dans le Lisbonne post-tremblement de terre de 1755. La mécanique est hyper simple, je prends un cube du plateau principal, ou je pose un disque de mon plateau personnel, mais ça couine sévère parce que les ressources sont rares et qu’on n’a jamais le temps de faire ce que l’on veut avant qu’un empaffé déclenche la fin de manche et le scoring qui va avec. Il nous a manqué un point de règle qui à mon avis changeait pas mal la dynamique du jeu et notamment les axes de développement choisis, mais ça ne m’a donné qu’une seule envie, celle d’y rejouer.
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Sankoré : l’occasion s’est présentée de tester ce nominé à l’As d’Or par SuperMeeple sur le stand… As d’Or, le monde est bien fait. Ok, on avait que 120 minutes devant nous, et l’explication (parfaite et ce n’est pas un mince exploit) en dure déjà facile 30, mais ça permet déjà de se rendre compte à quel point on est loin du Lopiano de Calimala et Ragusa. C’est touffu, c’est hyper imbriqué, y a pas mal de micro-règles et micro-événements à anticiper pour former les meilleurs élèves de l’université, mais on sent le gros potentiel qui attend tout en haut de la courbe d’apprentissage bien pentue. Il parait qu’il faut jouer sans les objectifs, ça tombe bien c’est ce qu’on a fait, je pense que mes neurones auraient déserté sinon.
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Gatsby : jeu encore à l’état de proto chez Catch Up Games, mais pour être honnête, il ne reste plus que quelques dorures à terminer tant le gameplay est déjà solide. Jeu à 2 (tiens tiens) dans lequel on se tire la bourre à base de majorité sur 3 gameplays différents pour obtenir les faveurs du magnifique Gatsby. Pas mal de coups fourrés en perspective, et les bonus qu’on peut obtenir sous souvent là pour pourrir la vie de l’autre. Assez réjouissant.
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Tir Na Nog : chez Lucky Duck Games, avec une mécanique rigolote qui nous fait poser nos bardes dans l’ordre du tour sur un tableau de cartes pour tenter de récupérer l’une des deux cartes qu’ils touchent, puis récupérer lesdites cartes mais cette fois-ci dans l’ordre inverse, avec donc de grandes chances que les cartes ciblées ne soient plus là quand vient notre tour. Avec tout ça, on constitue chacun de son côté trois rangées de cinq cartes, chaque rangée faisant scorer différemment, d’où jonglages, grimaces et grosses gouttes sur le front.
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Bravest : jeu très joliment illustré chez Laboludicoù l’on doit récupérer des tuiles dans une rivière pour créer un chemin pour nos deux héros, qui commencent à deux points différents de notre tableau de 4*4, et qui scorent différemment sur les différents objets rencontrés pendant leur périple. On doit constituer non pas un mais deux chemins les plus optimisés possible, avec ce que le hasard nous aura mis à disposition. C’est chill, ça me fait penser à Loco Momo dans le feeling, mais en plus sympa et sûrement plus rejouable.
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Tranquillité l’Ascension : la suite de Tranquillité, chez Lucky Duck Games, où cette fois-ci on doit constituer une pyramide en posant à tour de rôle des cartes numérotées en veillant à coller le plus possible à la carte précédente, puisqu’il faut payer l’écart avec les cartes de sa main, et que si notre pioche s’épuise, la partie est perdu. Jeu coopératif muet et plutôt chill, avec un challenge qui a paru peut-être un peu plus simple que son prédécesseur, puisque paradoxalement, les contraintes de placement guident un peu plus les joueurs.
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Magic Maze Tower : encore un jeu coopératif muet, chez Sit Down, un stand alone qui reprend le principe de Magic Maze, que tout le monde connait. Mais cette fois-ci on a enlevé le sablier, et on l’a échangé pour des puzzles carrément retors. On a donc tout notre temps, et il faut bien ça pour résoudre la quatre-vingtaine de casse-tête que contient la boite. A noter, le jeu contient également le matériel pour ajouter la petite sœur au Magic Maze de base, un nouveau personnage qui ne peut se déplacer que par téléportation, et à condition d’atterrir à côté de quelqu’un.
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Octocube : autre jeu chez Sit Down, qui fait décidément dans le gameplay rafraichissant, avec de la collection de tuiles (par types et par couleurs), le twist étant qu’on récupère nos étoiles de mer et autres sextans en baladant un cube poulpe, aimanté, qui va attraper la tuile sur laquelle il « roule ». Ça marche impec, la mécanique est rigolote, j’aime bien.
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La Traque : chez Don’t Panic Games, jeu de pose d’ouvriers avec factions asymétriques dans lequel on traque du nazi suite à la défaite de l’Axe. Derrière le thème assez équipe, on va surtout récolter des ressources en vue de la prochaine manche, qu’on ira dépenser ailleurs pour gagner les nazis qui nous permettront de valider nos objectifs personnels. Ces objectifs permettront de scorer mais aussi d’enclencher la montée en puissance de notre faction (plus d’ouvriers, plus d’action par tour, etc.) et c’est là qu’on retrouve l’asymétrie annoncée. L’enrobage est réjouissant, à voir cependant si le soufflé ne retombe pas sur la longueur d’une partie.
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Flatiron : jeu à 2 (décidément !) de Ludonova dans lequel on va construire ensemble le Flatiron, pilier après pilier, étage après étage. Dans les faits on balade notre architecte qui va récupérer des cartes qu’on ajoutera à l’une des 4 colonnes de notre plateau perso, ou bien activer l’une de ces colonnes afin de gagner des sous, de les dépenser pour acheter des piliers, de poser ces piliers ou encore de passer à l’étage suivant, dans l’optique de scorer, évidemment.
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Jungo : jeu de cartes et plus précisément de défausse chez Cocktail Games, dans lequel on ne peut pas trier les cartes reçues, comme un certain Scout, mais aussi Dealt!, Velonimo, etc. Le twist du moment apparemment. On pose nos cartes à condition qu’elles soient identiques (et côte à côte dans notre main) afin de surenchérir sur la main en cours, main qu’on récupère pour booster une future combinaison, ou qu’on défausse à tout jamais. Rien de plus. N’empêche que ça marche bien, c’est chill, il n’y a pas de comptage de points, c’est beaucoup moins tendu qu’un Scout, et c’est du coup moins frustrant dans une configuration 3 joueurs que le jeu de chez Oink Games.
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Shifters : le futur Kickstarter de La Boite de Jeu étant en démonstration à Cannes, avec la possibilité d’explorer deux mondes, en mode rogue lite : on fait progresser notre deck tout au long d’un chemin parsemé de monstres et d’upgrades, et on l’utilise pour affronter les dits monstres avec une mécanique de translation (le fameux « shift » du jeu), les cartes que l’on pose sur notre frise perso se translatant à chaque tour vers la droite et activant les icones associées à l’emplacement sur lequel elles arrivent, icones nous permettant d’infliger des dégâts, de se protéger ou de se soigner. Ça marche très bien, ce n’est pas facile, mais c’est un peu trop mécanique à mon goût. Il se peut néanmoins que les autres mondes permettent de renouveler l’intérêt.
Danger : La Boite de Jeu toujours, pour un petit jeu de plis assez retors, voire méchant. Le concept est tout sauf idiot, le joueur qui a fait le pli récupère les cartes et les classes en colonne par dizaine. A la fin de la partie, chaque colonne (les dizaines, les vingtaines, les trentaines, etc.) lui rapportera autant de points que l’unité de la carte la plus faible et qui ne fait pas partie d’une suite. On voit alors tout le potentiel en coups de poignard dans le dos, le joueur avec la plus haute carte se faisant refiler par les autres joueurs des 30, des 20, ou des cartes qui activeront une suite chez lui et feront disparaitre tous ses points. Là plus qu’ailleurs, le fun dépendra de la tablée et de la façon d’aborder le jeu.
Daybreak : autre nominé à l’As d’Or dans la catégorie expert, ce coopératif chez CMYK demande à chacun de réduire sa production de CO2, afin d’atteindre le point de bascule et de capter plus de dioxyde de carbone que le monde en produit. Dans les faits on utilise les cartes de sa main pour créer de nouvelles actions, les booster et bien évidemment les utiliser afin de satisfaire la demande toujours croissante en énergie mais aussi lutter contre le réchauffement climatique. Le thème est évidemment ultra porteur et l’enrobage tout à fait joli, mais le gameplay m’a laissé un peu froid. A voir en corsant d’avantage la situation.
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Pyramido – Trésors Oubliés : nouvelle version d’un jeu de 2023 par Synapses Games, dans lequel on constitue sa pyramide à l’aide de dominos et de gemmes, étage après étage. L’astuce étant que comme toute bonne pyramide, les étages se rétrécissent, et donc les tuiles d’un étage peuvent participer, si elles sont en périphéries, au scoring de l’étage au-dessus, à base de gemmes inscrites sur les tuiles et de gemmes récupérées lors de la construction. Un brin aride.
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Color Words : autre proto Blackrock chez Bankiiz Editions, où pendant 6 manches, les joueurs doivent remplir leur grille multicolore à l’aide d’un mot qui scorera un max par rapport aux contraintes de la manche en cours, du style « un D sur une case bleu rapporte 2 points » ou bien « le mot doit commencer par un V ». Evidemment un sablier vient épicer le tout pour un petit jeu de mots pas bien ambitieux, mais sympathique.
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Crystalla : jeu chez Schmidt Spiele où on assemble un tableau de 4 par 3 constitué des cristaux qu’on aura récupéré d’une matrice commune dans laquelle on se balade via un système d’awalé (mais si vous savez, quand on égrène ses petits cubes, comme dans Five Tribes). Evidemment chaque couleur de cristal score différemment donc il faudra jongler avec tout ça, et des « sur-tuiles » permettent d’avoir un peu plus de flexibilité, si on arrive à les récupérer bien entendu.
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Avant Après : proto de jeu coopératif à deux (ou deux équipes) par Oldchap Games dans lequel chaque côté reçoit l’illustration d’une scène, l’une se déroulant avant et l’autre après un certain événement. Aux deux équipes de communiquer suffisamment pour répondre aux différentes questions posées par un petit livret (quel coureur a gagné, quel est son nom, qu’est-il arrivé à son concurrent, etc.). La démo n’était pas bien compliquée, à voir si la difficulté du jeu final rend les choses plus intéressantes.
Flip 7 : jeu de cartes en stop ou encore par Catch Up Games, le petit jeu familial par excellence. Chacun son tour, on indique au dealer si on veut une nouvelle carte à ajouter à notre collection ou si on arrête là pour cette manche. Stop ou encore oblige, si on a devant soi deux cartes identiques, on est éliminé avec un score nul. Sinon, on score la somme des cartes. On rajoute quelques rares cartes bonus, et c’est tout.
Double Seven : dans la même gamme que Lucky Numbers, nouveau jeu chez Tiki Editions qui invite à constituer des collections d’animaux en piochant une tuile comme au Mah Jong ou en échangeant l’une de ses collections contre celle d’un autre, afin de continuer à l’agrandir, puisqu’on score par nombre de tuiles qui terminent devant soi à la fin de la partie. Je n’ai pas été transcendé.
Happy DayZ : je suis complètement passé à côté de ce jeu Origames, dans le même univers que Eat Z’em All, à savoir les Zombies. Jeu de pli dans lequel le joueur qui ouvre décide si c’est la plus grande ou la plus petite carte qui remportera le pli. On essaie d’éviter les zombies qui vont diminuer notre compteur population, tout en récupérant les autres cartes qui permettront de le refaire grimper ou d’activer de petits pouvoirs.
Fin janvier. La tension monte sur les différents réseaux, les jeux des 4 catégories des As d’or vont être divulgués. Le jury n’a mis que 11 h pour délibérer, alors on se dit que cette année, c’était plus évident.
Et l’annonce tombe avec ses 12 jeux sélectionnés, des surprises, des revenants, des valeurs sûres. Mais au final, ils valent quoi ces jeux ?
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L’As d’Or Initié
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Commençons par la toute récente catégorie « initié ». L’an passé, les 3 jeux Challengers, Alice is Missing et Turing Machine faisaient le grand écart pour relier la catégorie « expert » et celle de l’As d’or « jeu de l’année ». Avec la victoire de Challengers, on a même vu des échanges assez vigoureux. Les prix ont ce pouvoir d’attraction pour faire réagir les gens, certains jugeant l’un des autres bien meilleur.
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Cette année, 3 jeux qui semblent faire l’unanimité, avec Faraway, Cat in the box et Eila.
Faraway : j’ai déjà pu dire tout le bien que je pensais de ce petit jeu par la taille, mais très grand par le gameplay. C’est simple, brillant et surtout addictif. Faraway a largement ma préférence, il représente au mieux cette catégorie « initié » à mes yeux, ce pont entre le jeu que l’on sort en famille avec le tonton qui n’aime pas jouer ou le cousin qui trouve ça toujours trop enfantin. Avec Faraway, on tient un bon trait d’union entre la catégorie des Aventuriers du rail et la gamme au-dessus. Il s’inscrit parfaitement dans la lignée d’un joueur qui, après avoir découvert Akropolis l’an dernier, souhaite aller un peu plus loin.
Cat in the box : c’est du pli, mais pour autant, je ne suis pas emballé. Le pitch est très sympa avec ce chat mort ou vivant dans sa boite. On ne sait pas et surtout, on ne veut pas créer de paradoxe. Mais je trouve le jeu très vite redondant, il n’a pas cruellement de profondeur et l’envie d’y revenir s’est rapidement envolée. Peut-être également que le fait de jouer à d’excellents jeux de plis m’a rendu plus dur avec lui.
Eila : c’est un jeu pour enfant ? Un doudou qui part à l’aventure… Mouais, à voir. Et j’ai vu. Eila est un jeu avec une histoire, une de ces histoires qui marquent. J’ai joué le jeu à l’arrivée du Kickstarter en anglais il y a plus de 2 ans et je ne l’ai pas oublié à cette fin. Eila, c’est du solo et ce n’est pas pour les plus jeunes. L’histoire est forte et le thème mérite au minimum d’accompagner un enfant qui y jouera. Il aura des questions de toute façon. J’aime beaucoup le jeu, mais de par son format solo et son histoire, je ne le mettrais pas en gagnant.
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Mon petit podium de la catégorie initiée :
1. Faraway
2. Eila
3. Cat in the Box
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L’As d’Or Expert
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Passons à la catégorie « expert », les jeux qui me parlent le plus, même si la sélection n’est pas à mon goût cette année.
L’an passé, le suspense n’a jamais existé, Ark Nova a tout écrasé sur son passage, Carnegie et Fédération n’ayant aucune chance.
Cette année, rien n’est joué entre le Château Blanc, la Famiglia et Darwin’s Journey.
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Darwin est représenté 2 fois et le « grand frère » est un bon gros jeu expert dans le classicisme de la catégorie. Pose d’ouvriers, gestion de ressources, auteurs de l’école italienne, tous les ingrédients sont réunis pour obtenir un excellent jeu. J’en ressors frustré et mécontent. Il ne me parle pas ce jeu, je n’y prends pas de plaisir, et les extensions ne doivent pas être prises en compte de mon point de vue. On juge le jeu basique, la proposition brute de l’éditeur.
La Famiglia est un format très particulier, presque unique dans la catégorie : 4 joueurs seulement et en 2 équipes de 2 s’il vous plait. Il en ressort un jeu de négociation qui peut traîner en longueur et qui demande un public particulier, pas simple à réunir, mais une fois autour de la table, c’est un excellent moment qui vous attend. Une belle grosse boîte qui me rappelle Feudum, on ne le sort quasiment jamais, mais il reste là sur l’étagère parce que quand il sort, c’est une super soirée qui s’annonce.
Le Château Blanc n’est pas un jeu de la catégorie « expert » de mon point de vue. Il est plus léger dans son gameplay, les choix sont moins tranchants, on est sur un jeu qui ne m’aurait pas choqué dans la catégorie « initié ». Partant de là, difficile de le comparer ou de le juger face à ses deux concurrents. Sur la durée, le matériel ou les mécaniques, il ne tient pas la comparaison.
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Pour cette catégorie « expert », mon podium un peu par défaut :
1. La Famiglia
2. Darwin’s Journey
3. Le Château Blanc
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As d’Or Enfant
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La catégorie « enfant » est une catégorie que je découvre. Avec un enfant à la maison, j’en découvre tous les jours de nouvelles pépites, des grands classiques et c’est toute une culture ludique qui est à fabriquer.
L’an passé, j’ai fait l’impasse sur Zombie Kids Flashback, clairement trop complexe à la maison. Mais le prix m’a permis de découvrir la planche des pirates qui ressort très souvent avec toujours le même succès.
Cette année, la proposition se partage entre Super Miaou, Maurice Le Dodo et Mon Puzzle Aventure. Ce dernier, je ne l’ai pas joué, sûrement une erreur, mais du coup, je n’en parlerai pas.
Super Miaou : l’initiation au deckbuilding pour les petits. Clairement, le contrat est rempli et le jeu fait bien ce qu’il propose : m’apprendre à construire un paquet de cartes par des achats et de l’épuration. On cherche à faire apparaître le Super Miaou en premier et c’est là que je décroche. Ce que j’apprécie dans les jeux d’enfants, c’est de m’y amuser tout de même en tant qu’adulte. Après tout, je suis la personne avec laquelle mon enfant va jouer. Si je m’ennuie fermement, ce n’est pas le meilleur message à lui passer. Ce Super Miaou pour un adulte ne fonctionne pas, non pas par sa mécanique maîtrisée par les joueurs plus âgés, mais par le hasard non maîtrisable de la fin qui me laisse un goût amer en fin de partie. Elle peut également mettre pas mal de temps à arriver si les joueurs se lancent dans l’élevage de souris. Ce jeu ne provoque pas l’effet « Nom d’un renard », un jeu où les grands, eux aussi, s’éclatent. Dommage.
Maurice Le Dodo, lui, a ce petit truc pour amener les grands à la table de jeu. Il est beau et coloré, son gameplay repose sur de l’adresse, ce que parfois un enfant maîtrisera bien mieux que vous. Le jeu est fun, il utilise sa boite dans son gameplay, c’est tout bête, mais les jeux enfants ont cette capacité à utiliser la boite et dans une lutte acharnée, ce sont les détails qui font la différence et Maurice les accumule.
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Mon podium tronqué :
1. Maurice Le Dodo
2. Super Miaou
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L’As d’Or Jeu de l’Année
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Et on finit logiquement par la catégorie reine, l’As d’or du « jeu de l’année ». Qui pour succéder à Akropolis ? Les prétendants sont de très sérieux concurrents, avec sur les traces de Darwin, Trio et Perfect Words.
Trio semble créé pour gagner le prix, mais après 9 échecs de jeux taillés pour gagner, on se demande si Cocktail Games n’est pas maudit. Ce trio me plait, il fonctionne parfaitement en équipe, donc à 4 ou 6 joueurs. Sur les formats chacun pour soi, je suis moins satisfait, la main fantôme et le memory (très léger) associé me déplaisent.
Il en reste un jeu instantané, qui est immédiatement compris par n’importe qui, ce qui me semble être le cahier des charges de cette catégorie : amener de nouvelles personnes vers les jeux de société.
Je le vois taillé pour être le favori de la compétition cette année.
Sur les Traces de Darwin : le jeu de la sélection, celui avec un gameplay sérieux, celui où l’on réfléchit, un vrai jeu de société. Il est très accessible, on comprend vite ce qu’on fait, ce que l’on cherche à atteindre. Il en reste un jeu avec plateaux, tuiles, bonus, points de victoire… Un jeu, quoi ! Je ne le vois pas gagner à cause de ses deux concurrents qui me semblent bien plus correspondre à ce que j’attends de cette catégorie.
Perfect words : un jeu de mots, encore un. Et bien non ! Perfect Words est bien plus malin que ça et propose de créer la grille de mots qui sera dans un second temps utilisée par chaque joueur pour deviner des mots en commun avec les autres joueurs. C’est brillant et dès cette première phase, on se marre. Le jeu ne réinvente rien, mais ce qu’il fait, il le fait très bien. Je pense qu’on n’est pas près de voir un jeu de mots de ce niveau avant quelque temps et il a ringardisé pas mal de ceux déjà disponibles.
Lui aussi a ce côté instantané de la compréhension, du but recherché, qui amène n’importe qui autour de la table.
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La compétition de cette catégorie sera rude, elle se jouera sur des détails et bien malin celui qui trouvera le tiercé dans l’ordre. Pour ma part, je propose :
1. Trio
2. Perfect Words
3. Sur les traces de Darwin
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Au petit jeu des pronostiques, voici donc les miens avec ce que j’ai pu analyser de chaque jeu, comment je les vois s’en tirer. N’étant pas dans la tête du jury, ça ne reste qu’un avis de ma part et de toute façon, la réponse tombera le 22 février !
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Et vous pouvez retrouver l’ensemble de la sélection et bien d’autres jeux chez notre boutique partenaire
Une organisation hyper agressive et légèrement dépassée, des food trucks sous-dimensionnés, mais aussi un gros coup de cœur ludique, la possibilité d’essayer plusieurs jeux qui me faisaient de l’œil, des éditeurs au taquet pour présenter leur bébé et des rencontres toujours aussi sympathiques, on a encore passé un moment à part au FIJ 2023.
Un tout premier jeu pour l’auteur et le studio Darucat. A travers 5 scénarios, on incarne une famille de fermiers sans histoire dans un univers post-apocalyptique à la Mad Max/Fallout. Un coopératif avec une narration forte, immersive, et un gameplay suffisamment étoffé pour nécessiter une vraie réflexion de la part du groupe. La liberté dans l’approche, la sensation d’urgence, les rebondissements de l’histoire, tout contribue à vraiment se prendre au jeu. Hâte de voir le produit final en fin d’année.
La découverte du capitalisme avec le développement du commerce entre l’Europe et l’Inde. On part acheter des marchandises en Inde pour les revendre plus cher en Europe. Mais comme on n’est pas seul à le faire, il faudra anticiper sur la variation de l’offre et la demande pour maximiser les profits, qu’on réinjectera dans notre compagnie ou qu’on dépensera pour prendre des parts dans celle des autres. Le jeu est hyper thématique, chaque mécanique s’explique très naturellement, sans que le jeu en devienne trop complexe. Hâte de refaire une partie pour voir s’il y a suffisamment de rejouabilité (le setup de départ ne variant pas d’un iota).
Jeu expert très plaisant dans son déroulé, à la courbe de progression importante, sans temps mort ou presque, où l’on construit son moteur à partir des cartes piochées, et dans la limite d’un tableau de 4 par 4 que l’on constituera au fur et à mesure. Il faudra donc optimiser, ne pas s’entêter dans une voie, parce que c’est surtout une course, à l’objectif et à la complétion de son tableau de carte. Ne vous laissez pas par les jolies illustrations et le thème bucolique, c’est un jeu frustrant, notamment à cause du choix permanent à faire entre les cartes à poser pour leur pouvoir ou leur scoring, et celles à défausser.
Derrière le matériel et les règles qui le classent dans la catégorie des jeux légers, Motu est une succession de dilemmes pervers, puisqu’il s’agit de collectionner des icônes dans notre île, alors que la construction de celle-ci impose justement d’écraser systématiquement l’une de ces icônes. Quand on rajoute le fait que chaque joueur choisissent quand scorer les différentes icônes, que les volcans doivent se trouver à une distance bien précise de notre village et que le bord de mer doit être le plus long possible, on transpire à grosse gouttes lorsqu’il faut choisir une carte dans la rivière.
L’explication des règles peut faire peur, mais on reste sur un jeu initié, où l’on améliore et pilote son vaisseau à travers la galaxie pour réaliser des missions, gagner des technologies et monter en influence auprès des différentes guildes. Le système de gestion des ouvriers est malin et plaisant, entre la réflexion à avoir sur l’ordre dans lequel les jouer (étant donné que les 3 derniers ne seront pas dispos pour la manche suivante) et la possibilité de les respécialiser à la volée ou presque. Nous avons dû écourter notre partie, mais elle avait un sacré goût de reviens-y.
Jeu de collection avec de l’interaction, puisqu’on pourra tenter de voler les cartes que les autres joueurs ont posé devant eux. Une petite dimension memory également, les joueurs devront choisir à chaque début de manche quel paquet consulter parmi 9 pour y prendre la carte qui les intéresse. Petit jeu pour lancer l’ambiance en début de soirée, assez efficace.
Un petit jeu de Flip & Write où l’on tente de créer des constellations dans notre ciel, la contrainte venant des formes imposées par le paquet de cartes qui se dévoile au fur et à mesure. Vite expliqué, vite joué, sans prétention.
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Founders (This Way !)
Malgré l’explication des règles assez tarabiscotée et la possibilité de faire uniquement quelques tours de jeu, on sent le concept hyper original et plutôt malin, pour un KS prévu pour juin. Chaque joueur se voit assigner secrètement 2 couleurs, et un pattern pour chacune. Il s’agira alors de placer chacun son tour et sur un plateau principal des tuiles afin de réaliser le plus possible ces patterns. Le petit twist c’est que chaque joueur a deux alliés cachés parmi les autres participants, un pour chacune de ses deux couleurs. Et comme à la fin, chaque couleur rapporte autant de points que le plus petit score entre les 2 joueurs concernés, on a tout intérêt à ne pas mettre de bâtons dans les roues de cet allié.
Après Aetherya, François Bachelet propose à nouveau un jeu aux règles simples de prime abord, presque simplistes. Il s’agit de remporter les majorités sur les tuiles qui vont venir petit à petit constituer le plateau de jeu, chacun en posant une à son tour, et plaçant ses golems en fonction des icones inscrites sur la tuile en question. Mais les règles avancées rendent le jeu plus stratégique et rendent l’aléatoire de la pioche beaucoup moins impactant. On aurait quand même aimé un mode 4 joueurs purement compétitif, et non pas en équipe.
Petit jeu très malin de collection de cartes, où l’on essaye de gagner les cartes dans un certain ordre afin de maximiser les points, et dans lequel les cartes ainsi acquises constitueront notre main pour la manche d’après. Parfait pour se fâcher avec ses amis dès le début de la soirée.
Un peu dans le style de Narak, le nouveau jeu de Shem Philips demande de monter le plus vite possible sur une piste commune, dont les différents échelons ne sont accessibles qu’après avoir collectionné sur son plateau personnel les différentes icônes demandées. Il s’agit donc d’une course qui nécessite d’optimiser au maximum l’utilisation des dés et des ouvriers à notre disposition. Le casse-tête est de taille, peut-être un peu trop au détriment du fun.
Jeu clairement expert de pose d’ouvriers où tout l’intérêt réside dans l’enchainement des emplacements où l’on choisit de déplacer nos ouvriers : comme ils circulent le long d’un disque dans un sens horaire, et qu’il devient tout de suite très cher de viser un emplacement déjà occupé ou un peu trop loin sur la piste, le joueur a vite fait de se retrouver bloqué et de subir, obligé de réaliser des actions sous-optimisées ou carrément de faire un tour à vide. Quant tout clique, le feeling est hyper satisfaisant, mais l’expérience devient rapidement très frustrante quand on a le sentiment d’être à contre-temps.
Jeu de plis (?) et de bluff où l’on joue une carte face cachée en espérant que le motif victorieux permettra de compléter les patterns nécessaires pour activer les 3 niveaux de notre démon personnel. On espionne donc ce qui intéresse les autres joueurs, on essaye d’anticiper la carte qu’ils vont jouer, on tente des crasses dans un jeu qui laisse la part belle à l’aléatoire. Un peu trop à mon goût.
L’As d’Or 2023 m’a laissé sceptique, pour être honnête. On construit son deck pour ensuite le dérouler contre un adversaire qui aura fait de même de son côté, en espérant que les cartes sortent dans le bon ordre, histoire d’exploiter les combos espérés. Malheureusement, le côté deckbuilding prometteur est largement saboté par l’aspect totalement random des affrontements avec les autres joueurs.
Alors que la Core Box proposant le mode Zombie vient d’être livré aux backers, il était possible d’essayer la version low cost du mode Héros (avec des standees à la place des figurines), qui se rapproche plus des précédents Zombiecide. Quelques différences néanmoins qui nécessitent de prendre un peu plus de précaution avant de foncer tête en avant dans un bâtiment inexploré, et qui en font un jeu assez tactique au final.
Jeu de commande du musée Gallo-Romain de Lyon, ça reste un deck-building plutôt classique mais avec un twist assez malin, où l’on construit son deck dans les premiers tours, avant de briguer la charge d’empereur et de passer dans un mode où l’on va surtout exploiter le deck afin de remplir 3 objectifs communs avant les autres joueurs. Il s’agira donc de timer précisément quand faire la bascule entre les deux modes, sachant que c’est irréversible.
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Bien évidemment, on essaie de vous mettre en ligne des critiques ludiques après avoir fait + de parties sur tout ou partie de ces jeux, et bien d’autres encore !!
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Le Fij d’Hélène :
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Le Festival International des Jeux de Cannes est l’un des rendez-vous de référence dans le milieu ludique. Avec son lot de nouveautés, le cru 2023 n’a pas failli à sa réputation.
Mon FIJ a commencé dans le train cette année.
En effet, j’ai voyagé en compagnie du Meeple Barbu, des Jeux et des Bières, des Ch’tis Meeples et d’une partie de l’équipe Gigamic. Nous avons bravement utilisé les tablettes du TGV pour jouer au jeu des cochons, à Hungry Hamsters et à Fency Sheep. De belles parties de rigolade en somme, du meilleur augure pour la suite !
Je ne parlerai ici que des jeux, pas de l’organisation, ni des food-trucks, ni de la météo… Et dans l’ordre chronologique, histoire de me remémorer tous ces bons moments.
On commence par un Ark Nova ? Y’a de la place. Allons-y pour le futur As d’Or ! (Il était dans mes pronos.) On ne le présente plus, je passe donc à la suite.
Chez la Boîte de Jeu, j’ai découvert Foxy, le mignon petit jeu où l’on doit savoir, à chaque nouvelle illustration, combien de fois on a vu chaque animal. Sans prétention, il a retenu toute mon attention !
Chez le même éditeur, Nimalia nous emmène créer une réserve animalière, avec des objectifs actifs à différents moments, parfois en même temps et parfois pas. Draftez et placez chaque carte en recouvrant au moins une case d’une carte précédemment posée. Un petit jeu sympathique à découvrir.
Avec Dice Theme Park chez Super Meeple, construisez votre parc d’attractions et envoyez-y les visiteurs qui s’y présentent. Rien de révolutionnaire ni de particulièrement intéressant ici par rapport à ce l’on trouve déjà sur le marché du JDS ; vous l’aurez deviné, je n’ai pas adhéré.
Carnegie, chez Pixie Games, avait pourtant tout d’un jeu qui pouvait me plaire… Mais je n’ai pas accroché. Pourtant un jeu de pose d’ouvriers où l’on incarne un entrepreneur et bienfaiteur du 19ème siècle, cela m’avait attirée. Je pense qu’une autre partie sera nécessaire, je reste sur l’envie de réessayer !
S’en est suivi un Earth, jeu devant lequel je suis restée dubitative tant on joue dans son coin. Dans le très demandé jeu de chez Lucky Duck Games, même si tous suivent l’action du joueur actif, on ne prête pas d’importance à ce que font les autres. Optimiser son moteur est le maître-mot ici, et peut-être qu’au bout d’un certain nombre de parties, on y fait davantage attention. A vérifier. Et de toute façon, on vous en parle bientôt au Labo. 😊
Et puis je suis tombée sur Coal Baron, la réédition de Gueules Noires chez C&C Publishing (financement participatif terminé depuis peu). C’est LE jeu qui m’a fait tomber dans la grande marmite des JDS, j’étais donc obligée de faire une partie ! Pas objective pour 2 sous, j’aime ce jeu de pose d’ouvriers et de commandes. Mes acolytes du jour ont aimé leur partie et demandé le lien pour le late pledge, il doit tout de même bien y avoir une raison ! 😉
Chez le nouvel éditeur Salty Knights, j’ai pu essayer Vorex, un jeu de pose de tuiles où l’on fait fleurir des plantes carnivores. On vous en parle bientôt au Labo.
Vint ensuite le proto de Sky Team chez Le Scorpion Masqué. Que dire ? Si le thème ne me parlait pas au départ, force est de constater que cette simulation d’atterrissage pour 2 joueurs (1 pilote et 1 copilote, donc asymétrique) m’a scotchée. J’attends sa sortie avec grande impatience !
Toujours chez le Scorpion Masqué, j’ai été agréablement surprise par le proto de Turbo Kidz, un jeu de rapidité par équipes où un joueur a les yeux fermés et trace la route en fonction des indications de son binôme qui lui indique le chemin en utilisant son pouce comme un joystick.
J’ai ensuite eu l’opportunité de faire un début de partie de Dead Cells, chez le même éditeur. Je ne connaissais pas le jeu vidéo mais le peu que j’ai joué m’a plu, même si ce n’est pas mon type de jeu, l’exploration de château et le dézingage de monstres n’étant pas forcément ma tasse de thé.
Au détour d’une allée, je me suis arrêtée devant Biotopes chez Palladis Games. J’ai enfin réussi à l’essayer et il m’a beaucoup plu. Vous créez votre écosystème, vous le gérez et vous luttez pour contrôler les territoires qui vous conviennent. On vous en reparle rapidement au Labo, au moment du financement participatif.
Chez Pixie Games, j’ai essayé Voyageurs du Tigre du Sud qui ne manque pas de promesses. Collection, influence, placement… A réessayer au calme !
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A l’année prochaine avec le plus grand des plaisirs ! D’ici là, bons jeux et bons festivals !
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Tous ces jeux (ou presque) sont ou seront disponibles chez notre partenaire
C’était top! On a vu plein de monde, joué à plein de jeux, pas mal marché, et pas beaucoup dormi 😉
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Maintenant il est temps de vous parler et de vous montrer les jeux qui ont retenu notre attention, et qu’on suivra avec attention lors de ces prochains mois !!
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Coups de cœur du FIJ 2020 – Hélène « Harrie » G.
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Ce FIJ fut mon 1er, et outre les belles rencontres, de vrais coups de cœur ont fait battre le mien. Je vous en touche quelques mots.
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Pour une poignée de marguerites.
Jeu catégorie enfants de Franck Crittin et Grégoire Largey, à paraître chez Space Cow, distribué par Asmodée.
Ce jeu est accessible à partir de 6 ans pour une durée estimée de 20 min.
De 2 à 4 enfants et adultes partiront à la recherche de fleurs de différentes couleurs et s’affronteront parfois à coups de « poussées de vaches », cornes contre cornes.
Eh oui, voilà un jeu qui rassemblera les différentes générations sans que les plus âgés s’ennuient !
C’est drôle, coloré, et rafraîchissant !
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Hybris : Disordered Cosmos.
Jeu catégorie expert de Damien Chauveau, illustré par Stefano Collavini, Cédric Roux, Vincent Lefebvre, Rodrigue Hubert et Luc-David Garraud, pour 1 à 4 joueurs de 12 ans et +, d’une durée de 30 min par joueur.
Je suivais son évolution depuis un bon moment et il ne m’a pas déçue, bien au contraire !
Jeu asymétrique de placement d’ouvriers, de développement et d’opportunisme, Hybris vous propose de vous glisser dans la peau de dieux et déesses Olympiens, après la chute des Primordiaux. Vous lutterez plus ou moins pacifiquement pour devenir le nouveau souverain de la Grèce Antique en développant de nouvelles technologies et en invoquant votre Etincelle.
Concocté par un passionné de mythologie, Hybris fait chauffer les neurones et nous emmène loin dans l’immersion : j’ai adoré ce « petit » bijou expert d’une richesse folle à la courbe d’apprentissage impressionnante !
La campagne Kickstarter débutera en mai 2020, probablement en même temps qu’un article du Labo des Jeux.
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Je termine en trichant un peu en parlant d’un jeu qui fut mon coup de cœur du BGF 2019 et que j’ai revu avec plaisir et émotion lors de ce FIJ.
Jeu de Cowmic Boutriaux, illustré par Ammo Dastarac, édité par BYR Games. 2 à 4 joueurs de 18 ans et + s’y affrontent dans des parties de 60 à 150 min où chacun visitera des brasseries, boira quelques bières et invitera ses adversaires à en faire autant. Le KS est à venir en avril 2020 et un article du Labo également.
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Coups de cœur du FIJ 2020 – Fabien
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Dream Runners.
Le nouveau projet de chez Ankama Boardgames, éditeur dont je suis fan des choix en termes de direction artistique notamment. C’est toujours soigné, impactant et terriblement efficace !
C’est un proto bien avancé de Dream Runners que j’ai pu essayer et qui est très prometteur !
C’est Joan Dufour (Flash 8) aux manettes et Jade Mosch aux illustrations.
Vos rêves sont envahis d’autres personnes et de monstres ! Étudiez-les et repoussez les cauchemars pour préserver la sérénité de vos nuits.
Une tuile représentant un rêve est révélée à chaque tour, et les joueurs doivent composer leur tableau pour repousser les monstres et récupérer les ressources, à l’aide de formes géométriques à la Tetris. Il faut faire coïncider les symboles avec les monstres et les ressources.
Dès qu’un joueur a terminé de placer ses formes devant lui, il retourne le sablier et les autres joueurs ont alors un temps limité pour terminer leur tableau !
Le niveau de difficulté des rêves est progressif.
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Cartographers.
De Jordy Adan, illustré par Lucas Ribeiro et distribué par Intrafin.
Un peu comme dans Second Chance, on va sortir des cartes représentant des motifs à dessiner sur sa carte. On a le choix entre 2 types de paysages à chaque fois. La forme peut être tournée ou effet miroir pour être dessinée sur le quadrillage de la feuille individuelle. 4 manches représentant les 4 saisons, et 4 objectifs communs déclenchant des gains de PV à chaque fin de manche (2 obj. par manche).
Petit twist, des cartes monstres apparaissent de manière aléatoire dans les décisions de cartes que l’on tire à chaque manche, et quand il en sort une, on passe sa feuille à son voisin qui dessine le motif avec la forme monstre de la façon la plus gênante pour nous, et qui compte en points négatifs si on ne remplit pas les cases qui l’entourent avec d’autres formes par la suite.
Verdict : très sympa, ça change des roll&write, on trace la carte de sa région en essayant d’utiliser les formes du mieux possible, de scorer les objectifs de fin de manche et de gérer l’apparition des monstres.
Un jeu très sympa dans l’univers de Roll Player, sortie prévue fin mars (sauf délai coronavirus…).
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Taco Chat Bouc Cheese Pizza.
Comment ça, ça veut rien dire ???
C’est surtout le nouveau party game de chez Blue Orange. Et ça fonctionne du tonnerre !!!!
Un deck de cartes avec inscrit dessus Taco, Chat, Bouc, Cheese ou Pizza mais aussi gorille, narval ou marmotte.
On distribue les cartes aux joueurs et chacun met le tas de cartes face cachée devant soi.
Chacun son tour, les joueurs révèlent une carte au centre de la table, et commencent ou poursuivent la série de mots Taco Chat Bouc etc…
Si un joueur révèle la carte qui correspond au mot qu’il prononce, tout le monde doit poser sa main sur le tas de cartes au centre. Le dernier rajoute les cartes à son tas.
Et on recommence à révéler une carte et à prononcer un mot de la série.
Si un joueur se trompe dans la série des mots, s’il fait le geste pour taper sur le paquet au milieu mais se ravise, il perd et récupère les cartes au centre !
Si la carte gorille sort, les joueurs doivent taper sur leur torse et ensuite taper sur le paquet au centre de la table ! Action spéciale aussi avec le narval ou la marmotte.
Le joueur qui l’emporte est celui qui n’a plus de cartes devant lui.
Tip top ce party game, ça fonctionne immédiatement, les fous rires se déclenchent et on se prend au jeu. C’est simple, bien réalisé et ça embarque le joueur dans le délire ! Du très bon Blue Orange Games en sorte !!!
Attention juste puisqu’en fonction des joueurs et des parties, la fin de partie peut tarder à venir et la partie tirer en longueur si personne n’arrive à taper sur les cartes au centre de la table alors qu’il n’a plus de cartes devant lui.
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Nineteen.
Un jeu de Sandro Dall’Aglio et Sébastien Zbären, illustré par Bertrand Emaresi et édité chez Ôz Editions.
Jeu casse-tête pour 2 joueurs.
Alors oui, il y a des dés.
Mais oubliez ça tout de suite car le dé n’est pas là en tant que tel.
Il est là pour représenter une grille de placement sur le plateau.
Pas de lancer de dé, pas de symptôme du joueur malchanceux.
Dans ce jeu, il va falloir poser des dés de sa couleur qui se touchent de façon orthogonale et qui en s’additionnant arrivent à 19 (nineteen pour ceux qui ont suivi).
À son tour de jeu, un joueur va poser un dé sur le plateau sur la face qu’il veut. Le dé en tant que grille de placement va définir pour le joueur suivant les possibilités de placement.
On va poser les dés au fur et à mesure, remplir le plateau, et surtout contraindre le placement de l’adversaire pour l’orienter vers la zone qui nous intéresse.
1 partie pour incorporer les différentes contraintes et vous voilà lancé dans des parties brise-neurones et exigeantes. À 2 joueurs qui se connaissent ou qui réfléchissent un peu de la même manière, vous allez sentir la tension monter au fur et à mesure que les contraintes s’imposent à vous !
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Deadline.
Un jeu de Julien Teilhet, édité par Débâcle Jeux et distribué par Ludistri.
Une sorte de Cardline irrévérencieux où on constitue 3 lignes :
– date de naissance
– durée de vie
– date de mort
On pioche une carte à son tour et on doit la placer dans l’une des lignes, et l’intercaler entre les cartes déjà placées. Si on s’est trompé, on ajoute la carte à une pile devant soi qui comptera comme points négatifs en fin de partie.
On a la possibilité avec les cartes à fond noir de tenter un super banco et de donner la circonstance de la mort, pour défausser une carte de sa pile en cas de réussite.
Perso j’ai adoré le thème qui révise les dates de naissance et de mort de grands personnages de l’Histoire ou contemporains. Une sorte de retour en cours d’Histoire à l’école, avec ce côté irrévérencieux mais respectueux.
Le texte d’Asmodée décrit bien le jeu alors je me permets de l’utiliser 😉 :
« Dominez l’univers !
Prospectez la galaxie afin d’étendre votre Empire ! Coloniserez-vous les planètes ou les soumettrez-vous par la force ? Pour enrichir votre commerce, produisez des ressources ! Recherchez de nouvelles technologies afin de bâtir l’Empire le plus florissant et de remporter la victoire !
Eminent Domain est un jeu de construction d’Empire dans lequel vos capacités sont représentées par un deck de cartes Mission. Chaque joueur possède un deck identique. Vous devrez choisir une mission à accomplir et en ajouter une à votre deck.
Au cours de la partie, les joueurs augmentent leur influence à travers l’univers en étendant leur Empire, en finançant des recherches et en faisant du commerce. À la fin de la partie, le joueur dont l’Empire possèdera le plus d’influence régnera sur toute la galaxie ! »
Nous n’avons fait qu’une partie (avec une mauvaise interprétation d’un point de règles d’ailleurs) mais ça m’a donné envie d’y retourner ! Dès que je mets la main dessus j’en ferai un test plus poussé !
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Coups de cœur du FIJ 2020 – LudodelaLudo
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Balade à Burano
Un jeu de Wei-Min Ling, illustré par Maisherly Chan et distribué par Légion Distribution. Pour 1 à 4 joueurs, 20 à 40 min, à partir de 10 ans.
Un jeu tout en couleurs de collections de cartes et d’objectifs, où il faudra bien gérer son argent afin de construire des immeubles et optimiser les habitants et les touristes qui génèrent des points de victoire.
Un petit côté course également présent qui rajoute de la tension dans les derniers tours.
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Pour une poignée de marguerites.
Un jeu de Franck Crittin et Grégoire Largey, édité par Space Cow et distribué par Asmodée. Pour 2 à 4 joueurs / 20 min / 6 ans et +.
Un jeu de collecte de fleurs malin, où les affrontements se font à base de lancer de vaches. Un matériel extra, des règles simples, permettant de faire jouer parents et enfants ensemble.
Un jeu de course choupinou, très interactif et très adapté aux enfants.
Encore un jeu Space Cow qui va faire meugler dans les chaumières !
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Taco Chat Bouc Cheese Pizza
Localisé par Blue orange – De 2 à 8 joueurs / 10 min / 8 ans et +
Un jeu frénétique et addictif de reconnaissance visuelle et de rapidité. Pas de place à la réflexion ici, mais plutôt à vos réflexes.
Une ambiance détonante et joviale intense, où chaque erreur fera le bonheur de vos adversaires.
Assurément le jeu d’ambiance de ce début d’année !
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Crime Hôtel
Un jeu de Susumu Kawasaki, illustré par Christopher Matt – 3 à 4 joueurs / 45min / à partir de 8-10 ans
La localisation de ce jeu asiatique, édité par Happy Baobab, par Aurora Games, est une des bonnes surprises du festival.
Dans ce jeu de pli et de déduction, vous devrez à chaque manche jouer des cartes représentant des chambres d’un hôtel où un meurtre a été commis. Un plateau hôtel en néoprène et un petit plateau commissariat seront vos terrains de jeu, à vous enquêteurs de jouer les bonnes cartes et de poser vos policiers aux bons endroits pour marquer des points et faire des actions vous menant à la bonne chambre !
Un jeu malin, en 3 manches, où vous devrez faire preuve de tactique et d’intelligence afin de vous démarquer de vos adversaires.
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Humanity (prototype)
Bombyx – Un jeu de Yoann Levet – Pour 2 à 4 joueurs / + de 45min / à partir de 12 ans
La prochaine sortie « jeu expert » de Bombyx, encore en mode WIP (Work in progress) promet de très bons moments de jeu.
Sur une thématique SF, de terraformation, ce jeu de pose d’ouvriers et d’agencement de tuiles, vous mettra dans la peau de grandes entreprises chargées de développer leur base sur une planète lointaine.
Un plateau d’action tournant, où chaque action de votre part pour récupérer des améliorations, des tuiles de production, ou bien d’avancées scientifiques, vous obligera à réfléchir à un timing qui pourrait vous coûter la victoire finale.
Un matériel qui promet de belles manipulations, comme Bombyx nous a déjà habitués, un jeu fluide où peu d’actions seront à jouer et additionnées à un fort sentiment de montée en puissance.
La cerise sur le vaisseau ? Des objectifs en court de partie à atteindre mais qui pourront être réclamés par les adversaires s’ils font mieux que vous. Vous l’aurez compris, dans Humanity rien n’est totalement acquis avant la fin de la 3ème manche !
Un jeu à vite découvrir, prévu pour 2020 !
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Coups de cœur du FIJ 2020 – Romain
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Demeter
Un jeu de Matthieu Verdier, illustré par Olivier Mootoo et David Sitbon, édité par Sorry We Are French.
Derrière une couv à la Ganymède du plus bel effet, les feuilles blanches de ce flip&write dénotent !
Mais on comprend très vite que la lisibilité offerte sera primordiale pour maîtriser la bête.
Entre Welcome to sous stéroïdes et Ganymède plus théorique, ce Demeter se démarque par ses multiples voies stratégiques. Tout semble primordial, mais seulement 12 tours vous séparent de la fin de la partie.
Je ne vous fais pas le tour du propriétaire complet mais surveillez le labo dans les semaines à venir quand même.
Jeu pour 2 joueurs dans lequel il faudra réunir Roméo et Juliette dans un même lieu. L’affrontement des Montaigu et capulet entraînera la haine. À vous de faire en sorte qu’ils ne se rencontrent jamais.
9 scénarios dispo dans la boîte avec difficulté croissante.
Nous on a eu envie d’essayer les autres scénarios après avoir fait le 1er !
C’est plutôt positif non ?? 😆
L’amour triomphera-t’ il?
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Et pour ceux qui étaient aussi à Cannes, quels étaient vos coups de cœurs ??? 😉